Fumer peut interagir avec le traitement qui vous a été prescrit.
L’usage de tabac peut entrainer une modification du métabolisme des médicaments psychotropes que vous prenez (absorption, diffusion, métabolisme et élimination des médicaments) avec en conséquence une potentialisation ou un antagonisme de leurs effets thérapeutiques.
Il existe aussi de nombreuses variations inter et intra-individuelles pour ces interactions médicamenteuses.
Quels composants du tabac interviennent dans ces mécanismes ?
- La nicotine
- les métaux lourds (Cd, Ni, Pb, Cr)
- l’oxyde de carbone
- Les hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP)
Les effets métaboliques de ces substances apparaissent en quelques semaines et disparaissent progressivement si vous arrêter le tabac, mais plus ou moins rapidement selon les personnes et les composants du tabac impliqués.
Le tabac et ses composants vont interagir sur les enzymes hépatiques, enzymes principales de « détoxification » des antipsychotiques.
La nicotine présente :
- Des effets cardiovasculaires (augmentation de la pression artérielle et du rythme cardiaque)
- Une vasoconstriction au niveau du cœur et des petits vaisseaux cutanés
- Une augmentation de la vigilance (effet stimulant parfois recherché)
- Une augmentation de la sécrétion gastrique (augmentation de l’acidité de l’estomac)
Quelles conséquences thérapeutiques ?
Les patients souffrant de troubles psychiatriques font usage de 6 fois plus de tabac que la population générale.
- Ils ont une intensité et une fréquence d’usage plus importante de tabac
- Ce sont plus souvent des hommes
- La mortalité globale des patients souffrant de psychose est supérieure à celle de la population générale et l’usage de tabac est la 1ère cause d’excès de mortalité.
Antipsychotiques
-
Clozapine (Leponex®)
-
augmentation du métabolisme hépatique et baisse des concentrations plasmatiques en médicament
Effet majeur : augmentation de la posologie à prévoir
et attention si sevrage tabagique.
Cet effet est rapide : en 4 jours (si arrêt ou reprise du tabac). Ce sont les hydrocarbures Aromatiques Polycycliques qui exercent cet effet et non la nicotine, de ce fait, le recours aux substituts nicotiniques nécessitera une diminution de la posologie. -
Olanzapine (Zyprexa®)
-
augmentation de la posologie (environ 40%)
-
Aripiprazole (Abilify®)
Risperidone (Risperdal®)
Quetiapine (Xeroquel®) -
pas d’interaction
-
Halopéridol (Haldol®)
-
augmentation de la posologie
-
Cyamemazine (Tercian®)
Lévomépromazine (Nozinan®) -
pas de modification de posologie
Antidépresseurs
-
Tricycliques :
Imipramine (Tofranil®)
Clomipramine (Anafranil®) -
augmentation du métabolisme hépatique et baisse des concentrations plasmatiques en médicament
-
Tricycliques :
amitriptyline (Laroxyl®) -
effet variable (augmentation ou diminution) selon les personnes
-
IRSS :
fluvoxamine (Floxyfral®)
fluoxetine (Prozac®) -
augmentation du métabolisme de ces médicaments et baisse des concentrations plasmatiques
-
IRSS :
sertraline (Zoloft®)
citalopram (Seropram®)
venlafaxine (Effexor®)
mirtazapine (Norset®) -
pas d'interaction médicamenteuse
-
IRSNa :
duloxetine (Cymbalta®) -
augmentation du métabolisme baisse des concentrations plasmatiques
-
IRSNa :
venlafaxine (Effexor®) -
pas d'interaction médicamenteuse
-
Agomélatine (Valdoxan®)
-
baisse des concentrations plasmatiques en médicament
Quelles conséquences thérapeutiques ?
ANXIOLYTIQUES
-
Benzodiazepines :
lorazepam (Temesta®)
oxazepam (Seresta®)
alprazolam (Xanax®)
diazepam (Valium®) -
augmentation de l’élimination et moindre efficacité du traitement
Que surveiller pendant le sevrage de tabac ?
En cas de traitement médicamenteux prolongé ou chronique (et ne pas oublier d’adapter les posologies de médicaments si nécessaire)
Sinon attention aux patients « à risque » :
- diabétiques
- asthmatiques
- hypertendus
- ulcéreux
- psychotiques
DANS TOUS LES CAS : surveillance thérapeutique accrue des usagers de tabac.
21/10/2025