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Les médicaments
psychotropes
Psychiatrie et Santé mentale
Guide d’information
« La vie est courte, la science est longue,
l’occasion fugitive, le jugement difficile.
Il faut non seulement faire soi-même ce qui convient,
mais encore faire que le malade, les assistants
et les choses extérieures y concourent ¼.
HIPPOCRATE
Ce guide a été réalisé par le Réseau PIC (Pharmaciens Information
Communication), sous la direction de Marie-Lise Biscay Pharmacien
des Hôpitaux (Centre Hospitalier des Pyrénées, PAU), Présidente de
l’association du Réseau PIC.
Coordination éditoriale Psycom75 : Aude Caria (Paris)
2
ème
édition, juin 2008
Sommaire
1 – Introduction
....................................................................................... 4
1.
Les médicaments psychotropes utilisés en Psychiatrie et Santé mentale .. 4
2. Les partenaires de santé ........................................................................ 5
3. Les pharmaciens du Réseau Pic ............................................................ 6
2 – Recommandations pour la prise en charge thérapeutique
........... 8
1. Les psychoses schizophréniques............................................................ 8
2. Les troubles bipolaires
........................................................................... 9
3. Les états dépressifs ............................................................................. 10
4. Le trouble anxieux généralisé (chez l’adulte)
....................................... 11
5. L’usage des psychotropes chez l’enfant .............................................. 12
3 – Les médicaments psychotropes
..................................................... 15
1. Qu’est-ce qu’un médicament psychotrope ?
......................................... 15
2. Comment agissent les médicaments psychotropes ?
........................... 15
3. Les différentes familles de médicaments psychotropes
....................... 16
a. Les neuroleptiques .......................................................................... 16
b. les antidépresseurs ......................................................................... 20
c. les régulateurs de l’humeur ............................................................. 23
d. les tranquillisants ou anxiolytiques ................................................. 23
e. les somnifères ou hypnotiques
........................................................ 24
f. les correcteurs .................................................................................. 24
4. La durée des traitements à effet psychotrope ...................................... 25
5.
Pourquoi associer plusieurs médicaments à effet psychotrope ?
........ 26
4 – La surveillance d’un traitement à effet psychotrope
................... 28
1. Surveillance d’un traitement neuroleptique ......................................... 28
2. Surveillance d’un traitement antidépresseur ....................................... 29
3. Surveillance d’un traitement normothymique...................................... 29
4. Surveillance d’un traitement anxiolytique et hypnotique .................... 30
5. Surveillance d’un traitement correcteur
............................................... 31
6. Comment favoriser l’observance des traitements ? ............................. 31
7. L’importance de l’éducation thérapeutique ......................................... 31
5 – Les précautions à observer
........................................................... 35
1.
Les médicaments à effet psychotrope sont-ils compatibles avec
d’autres traitements ? .......................................................................... 35
2. Peut-on éviter les effets indésirables ? ................................................ 35
3. Qu’appelle-t-on «résistance¼ à un traitement ? ................................... 35
4. Le syndrome malin des neuroleptiques .............................................. 36
5.
Incidence de la consommation de drogues sur les effets
des médicaments psychotropes .......................................................... 36
Médicaments psychotropes : dépendance et sevrage
.................. 37
6 – AnnexeS
Glossaire des termes ou sigles médicaux ................................................ 40
Bibliographie pratique ............................................................................ 40
Quelques références sur internet
............................................................ 42
Les associations de patients et de proches
............................................. 43
Les principaux médicaments à effet psychotrope utilisés classés par dCI ... 44
Les principaux médicaments à effet psychotrope utilisés classés
par nom commercial .......................................................................................... 46
Les principaux correcteurs des médicaments à effet psychotrope
classés par dCI et par nom commercial
................................................... 48
1
4
5
Introduction
Introduction
1.
Les médicaments psychotropes utilisés
en psychiatrie et santé mentale
Dans les dernières décennies, le développement considérable des médica-
ments psychotropes a complètement transformé l’approche thérapeutique
des troubles psychiques.
Les médicaments psychotropes sont une des réponses thérapeutiques aux
maladies psychiques, en complément d’autres moyens thérapeutiques com-
me les psychothérapies et l’accompagnement social.
Le traitement médicamenteux représente un système complexe qui com-
prend différents aspects :
•
Le traitement médicamenteux crée obligatoirement des réactions biologi-
ques et psychologiques particulières, qui transforment les manifestations
pathologiques de la personne et ses capacités à vivre avec le handicap psy-
chique lié à sa maladie.
•
Sous un autre angle, le médicament est un «objet¼ créé et développé dans
un cadre scientifique, méthodologique et juridique précis, pour répondre à
une finalité thérapeutique. Son utilisation se fait dans le cadre d’une auto-
risation de mise sur le marché (A.M.M). Cette autorisation définit pour
chaque spécialité pharmaceutique les indications de prescription, les ca-
ractéristiques pharmacologiques de la molécule, les principaux effets, ainsi
que le mode d’utilisation et les précautions d’emploi. Elle est délivrée par
l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé
1
(AFSSAPS). Ce
cadre implique de fournir des informations et des explications adaptées à
ceux qui les utilisent ou à leur entourage, et garantit la qualité et la sécurité
dans le cadre de la bonne utilisation de ces médicaments.
•
L’objectif d’un médicament est d’apporter un effet thérapeutique qui sou-
lage et atténue les symptômes de la maladie et améliore la qualité de vie
du patient. Toutefois, un médicament produit différents effets et s’accom-
pagne parfois d’effets dits « indésirables ¼. La bonne gestion de ces effets
nécessite un suivi thérapeutique régulier et rigoureux par les profession-
nels du soin.
•
Le médicament s’inscrit également dans le cadre d’une relation thérapeuti-
que. Dans cette demande d’aide d’un patient à un thérapeute se mêlent tou-
tes sortes d’attentes conscientes ou inconscientes, expliquant la complexité
des rapports dans lesquels le médicament est subtilement impliqué.
On comprend donc la complexité d’approche du soin médicamenteux, qui
nécessite une bonne alliance thérapeutique et une bonne connaissance
scientifique, ainsi qu’une réévaluation régulière du bénéfice thérapeutique,
au fil de l’évolution de la maladie psychique et de sa prise en charge.
______
(1) http://afssaps.sante.fr/
>
Ce guide d’information est destiné à faciliter l’approche des médica-
ments à effet psychotrope utilisés pour les différents troubles psychi-
ques. Son objectif est d’apporter une information simple et accessible,
rédigée par des professionnels, pour faciliter l’observation et la compré-
hension des effets médicamenteux et permettre d’établir un dialogue
avec les professionnels du soin.
2. Les partenaires de santé
Le médecin, psychiatre ou généraliste
, après avoir identifié les symptômes
de la maladie psychique par une approche diagnostique, propose un accom-
pagnement personnalisé. Il est l’interlocuteur principal de la prise en charge
qui est globale et comporte, en général, plusieurs aspects :
•
un accompagnement psychologique, avec ou sans psychothérapie,
• un traitement médicamenteux qui évoluera au fil du temps,
•
et/ou d’autres types d’aides (accompagnement social, aide à la vie quoti-
dienne, activités socio-éducatives, etc.).
Le pharmacien
, professionnel du médicament, qu’il soit à l’hôpital ou en
ville, prolonge le diagnostic et la prescription effectués par le médecin, par
la dispensation du médicament. Il doit assurer au patient une prise du mé-
dicament optimale. Son rôle consiste à :
•
valider l’ordonnance médicamenteuse, avant de délivrer le traitement,
•
fournir des informations en s’assurant de la bonne compréhension du trai-
tement,
•
et répondre à toutes les questions posées au sujet des effets médicamen-
teux.
L’infirmier
travaillant en service de psychiatrie, accompagne le patient au
fil de sa prise en charge (pendant son hospitalisation éventuelle, et sou-
vent après sa sortie de l’hôpital). Il est chargé également de participer à
l’information et à l’éducation thérapeutique du patient. Il est attentif à son
comportement, ses réactions et sa relation au traitement médicamenteux.
Il perçoit ses difficultés pratiques, son adhésion ou non au traitement, il ob-
serve les effets du traitement, et représente ainsi un précieux collaborateur
pour le médecin psychiatre et le pharmacien.
Les associations de patients et de proches
peuvent apporter un soutien et
une aide utile pour la compréhension des troubles psychiques et des effets
des médicaments. Le partage d’interrogations avec des personnes connais-
sant ou ayant connu les mêmes difficultés peut représenter une source d’en-
traide essentielle pour cheminer avec une maladie (voir les adresses en fin
d’ouvrage).
6
Les médicaments psychotropes – Psychiatrie et santé mentale
3.
Les pharmaciens du Réseau PIC
(Pharmaciens Information Communication)
Les pharmaciens du réseau PIC exercent dans des établissements publics ou
privés de santé mentale ou des hôpitaux généraux. Depuis 2003, ils se sont
regroupés en association et développent en commun leurs travaux.
Leur objectif est d’améliorer l’information et l’éducation au bon usage des
médicaments, pour les soignants, les patients souffrant de troubles psychi-
ques et leur famille. Ils développent aussi l’évaluation des pratiques d’utili-
sation des médicaments psychotropes.
Dans leur charte, les pharmaciens du Réseau PIC s’engagent à répondre pro-
fessionnellement à toutes les personnes souhaitant les interroger par cour-
rier électronique ou tout autre moyen de communication.
>
Le Réseau PIC vous invite à visiter son site Internet : www.reseau-pic.info
où vous trouverez des documents d’information sur les médicaments
à effet psychotrope, ainsi que la liste non exhaustive des membres
du réseau de façon à questionner la personne la plus proche de votre
domicile.
2
8
9
Recommandations pour la prise en charge thérapeutique
Recommandations pour
la prise en charge thérapeutique
______
(2)
Conférence de consensus. Stratégies thérapeutiques à long terme dans les psychoses schizophréniques.
Paris : Ed. Frison-Roche. 1994
Téléchargeable : http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/conf&rm/conf/conf.html
(3)
Conférence de consensus. Schizophrénies débutantes : Diagnostic et modalités thérapeutiques,
23/24 janvier 2003-John Libbey EUROTEXT.
Téléchargeable : http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/conf&rm/conf/conf.html
Il existe en France et au niveau international des recommandations concer-
nant les stratégies de traitements médicamenteux des différentes patholo-
gies psychiques. Pourtant, on constate une assez grande diversité dans les
traitements prescrits au patient, à un moment donné de l’expression d’une
maladie psychique. Dans ce guide, nous nous concentrons sur les réponses
médicamenteuses aux troubles psychiques.
Le médicament psychotrope est une des réponses thérapeutiques aux ma-
ladies psychiques. D’autres moyens thérapeutiques comme les psychothéra-
pies et l’accompagnement social sont essentiels. Une prise en charge globa-
le personalisée doit être adaptée à chaque personne et doit tenir compte de
son histoire, ses symptômes, ses attentes et celles de son entourage. Dans
ce guide, nous nous concentrons essentiellement sur les recommandations
relatives aux traitements médicamenteux.
1. Les psychoses schizophréniques
Parmi les références françaises sur la prise en charge de cette maladie, citons
la conférence de consensus sur les «Stratégies thérapeutiques à long terme
dans les psychoses schizophréniques¼
2
qui indique les principes thérapeuti-
ques fondamentaux de la prise en charge :
1.
Nécessité d’une organisation reposant sur des structures de soins intra
et extra hospitalières permettant de mettre en uvre différentes actions
thérapeutiques.
2.
Traitement médicamenteux pouvant associer des psychotropes et reposant
pour chaque patient sur le meilleur rapport bénéfice/risque.
3.
Évaluation clinique régulière du patient pour déterminer l’efficacité du
traitement, son observance, ses besoins en matière de traitement non
pharmacologique, par exemple psychothérapie, accompagnement social,
activités diverses.
La seconde conférence de consensus sur les « Schizophrénies débutantes ¼
3
renforce également toutes les dimensions de la réhabilitation psychosociale,
de la réinsertion, du travail avec les familles ; cette réhabilitation passe par
l’accès aux structures de suivi ambulatoire : Centre Médico-Psychologique
(CMP), Centre d’Accueil Thérapeutique à Temps Partiel (CATTP), Hôpital de jour,
Appartement thérapeutique, familles d’accueil où sont proposées différents
programmes d’accompagnement et d’éducation.
Le recours au traitement médicamenteux est en général nécessaire, mais
il doit s’établir en respectant les principes suivants :
1.
une bonne alliance thérapeutique, entre le prescripteur et le patient,
2. l’utilisation du traitement le mieux toléré par le patient,
3.
une attention particulière portée à l’apparition d’effets indésirables
(sédation, prise de poids, troubles sexuels)
4.
une information sur les effets du traitement et l’éducation thérapeutique
(maladie, médicaments).
Enfin, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié un guide d’information destiné
aux médecins pour la prise en charge des schizophrénies
4
. Prochainement
sera publié un guide d’information à l’intention des patients.
2. Les troubles bipolaires
5
La prise en charge thérapeutique a pour but d’améliorer le fonctionnement
global de la personne et de prévenir les rechutes. Elle repose sur des options
thérapeutiques et psychothérapeutiques, où la psychoéducation joue un rôle
essentiel
6
(repérage des signes avant-coureur de rechute, respect de la prise
régulière du traitement, hygiène de vie, etc.).
L’Organisation Mondiale de la Santé définit l’éducation thérapeutique du
patient comme : « un processus continu, intégré aux soins et centré sur le
patient. Elle comprend des activités organisées de sensibilisation, d’infor-
mation, d’apprentissage et d’accompagnement psychosocial qui concernent
la maladie, le traitement prescrit et les établissements de soins, ainsi que les
comportements de santé et de maladie du patient. Elle vise à aider le patient
et ses proches à comprendre la maladie et le traitement, à coopérer avec les
soignants, à vivre le plus sainement possible et à maintenir ou améliorer la
qualité de sa vie. L’éducation devrait rendre le patient capable d’acquérir et
de maintenir les ressources nécessaires pour gérer de façon optimale sa vie
avec la maladie ¼.
Au niveau médicamenteux, ont utilise des thymorégulateurs ou normo-
thymiques, pour traiter un épisode dépressif survenant dans le cadre de
troubles bipolaires, et pour prévenir la survenue des épisodes aigus de cette
pathologie (rechute dépressive ou maniaque).
Ces traitements permettent de réduire la fréquence, la durée, l’intensité des
épisodes et améliorent la qualité des intervalles libres de symptômes. Il en
résulte une amélioration du fonctionnement global du patient .
La durée du traitement est le fruit d’une négociation médecin-malade, avec
une échéance à 2 ou 3 ans avant d’évaluer pleinement l’efficacité du traite-
ment, dont l’objectif reste la stabilisation au long cours.
______
(4)
HAS Guide Affections longue durée – Schizophrénies – Juin 2007 http://www.has-sante.fr
(5) Appelés anciennement psychose maniaco-dépressive ou P.M.D.
(6)
Psychosocial Treatments for Bipolar Depression: A 1-Year Randomized Trial From the Systematic
Treatment Enhancement Program. Miklowitz et al. Arch Gen Psychiatry.2007; 64: 419-426.
10
Les médicaments psychotropes – Psychiatrie et santé mentale
11
Recommandations pour la prise en charge thérapeutique
3. Les épisodes dépressifs
Plusieurs traitements sont à la disposition des personnes qui présentent un
état dépressif, ils sont adaptés en fonction de la sévérité des symptômes.
En cas d’épisode dépressif léger, c’est la psychothérapie qui est recomman-
dée en première intention. Il n’est pas recommandé de traiter par antidé-
presseurs un épisode dépressif léger.
Pour un épisode dépressif modéré, des médicaments pourront être prescrits
en complément ou en préalable à la psychothérapie.
Les antidépresseurs sont indiqués en première intention dans les épisodes
dépressifs sévères, c’est-à-dire caractérisés par l’acuité et la multiplicité des
symptômes, leur durée et leur caractère invalidant. Ils permettent de diminuer
la souffrance, afin de commencer ensuite un travail de psychothérapie.
En diminuant l’intensité de la souffrance, le médicament permettra de met-
tre en place dans un deuxième temps le travail psychologique. La prescription
d’un antidépresseur doit reposer sur une évaluation clinique soigneuse afin de
distinguer les pathologies dépressives caractérisées nécessitant un traitement
spécifique et les symptômes dépressifs isolés, souvent transitoires, qui ne justi-
fient pas obligatoirement d’une mesure thérapeutique médicamenteuse.
> 
Indicationsdanslestroublesdépressifsmajeursunipolaires
Le traitement d’un épisode dépressif majeur isolé comporte deux phases :
-
la phase aiguë (traitement d’attaque), dont l’objectif est la rémission
complète des symptômes ;
-
la phase de consolidation, dont l’objectif est de prévenir la rechute de
l’épisode.
En cas de trouble dépressif récurrent, s’ajoute une phase de maintenan-
ce, dont l’objectif est la prévention des récidives (ou récurrences).
Ce traitement de maintenance est particulièrement indiqué dans le trouble
dépressif majeur unipolaire chez les sujets ayant présenté au moins 3 épiso-
des dépressifs majeurs au cours des 4 dernières années :
-
si ceux-ci ont été rapprochés et/ou sévères (notamment : risque suici-
daire, caractéristiques psychotiques, et incapacité fonctionnelle),
-
surtout lorsqu’existent des symptômes résiduels, des pathologies asso-
ciées, des antécédents familiaux de dépression.
Il est rappelé que, dans le trouble bipolaire, la prévention de nouveaux
épisodes est réalisée en première intention par un traitement thymoré-
gulateur, et non par un antidépresseur seul.
Le plus souvent, la prescription d’un antidépresseur ne répond pas à
l’urgence : il est utile de préparer le malade à cette prescription avec un
nouveau rendez-vous quelques jours plus tard.
Bon usage des Médicaments antidépresseurs dans le traitement des troubles dépressifs et des troubles
anxieux de l’adulte – AFSSAPS. Octobre 2006 www.afssaps.sante.fr
L’efficacité d’un traitement antidépresseur apparaît après 2 à 4 semaines, en
fonction des symptômes. Les effets indésirables du début de traitement s’es-
tompent rapidement . Toutefois, s’ils s’avèrent trop gênants, une réévaluation
par le médecin prescripteur est nécessaire et peut amener à un changement
de médicament, ayant le même mécanisme d’action thérapeutique mais moins
d’effets secondaires.
De manière générale, après 8 semaines de traitement bien conduit :
-
un tiers des patients déprimés traités par antidépresseurs ont une réponse
complète au traitement avec rémission des symptômes,
- un tiers ont une réponse partielle ou insuffisante au traitement,
- et un tiers ne répondent pas au traitement .
(…)
Une amélioration précoce, dans les 2 premières semaines de traitement,
est prédictive d’une réponse favorable ultérieure.
Le délai nécessaire à l’obtention d’une réponse thérapeutique complète est
de 6 à 8 semaines. Par conséquent, à l’exception des cas où les patients
s’aggravent, il est recommandé de ne pas interrompre un traitement an-
tidépresseur en l’absence d’amélioration avant 4 semaines de traitement
à posologie efficace.
Afssaps, 2006
Un traitement antidépresseur ne doit pas être interrompu dès la disparition
des symptômes. Il doit être interrompu progressivement, en accord avec le
médecin prescripteur, afin de prévenir tout risque de réaction de sevrage ou
de rechute. La durée du traitement est de 16 à 20 semaines après rémission
des symptômes. Il est démontré que la poursuite du traitement pendant
6 mois, voire plus (traitement de consolidation), réduit le risque de rechute.
Le traitement préventif des récidives (traitement au long cours sur plusieurs
années) est justifié chez des patients qui ont eu au moins deux à trois épi-
sodes dépressifs sévères, en cas de pathologies associés et d’antécédents
familiaux de troubles dépressifs.
4. Les troubles anxieux
Le trouble anxieux généralisé (TAG) chez l’adulte
La Haute Autorité de Santé a rédigé un guide d’information sur les troubles
anxieux graves. Elle a formulé des recommandations précises
7
.
L’anxiété est une émotion normale en réponse au stress dans la vie quoti-
dienne. Elle devient pathologique quand elle est source de détresse pour l’in-
dividu qui ne la contrôle plus. Le sujet ayant un trouble anxieux généralisé
(TAG) présente, pendant une durée de 6 mois au moins, une anxiété sévère et
des soucis excessifs, incontrôlables, chroniques avec impression permanente
de nervosité, tension associés à des symptômes physiques ; l’ensemble de la
symptomatologie est à l’origine d’une détresse importante.
1. Des mesures générales sont indispensables. Elles ont pour but :
a. d’informer le patient sur sa maladie ;
b.
de préciser les règles hygiéno-diététiques : réduction de la consomma-
tion de café, arrêt de l’alcool et du tabac, pratique régulière de l’exer-
cice physique tel que la marche, la course, la natation, le cyclisme ;
c.
de fournir une psychothérapie d’accompagnement, non spécialisée, et
des conseils.
______
(7)
Diagnostic et prise en charge en ambulatoire du trouble anxieux généralisé de l’adulte
http://www.has-sante.fr
12
Les médicaments psychotropes – Psychiatrie et santé mentale
13
Recommandations pour la prise en charge thérapeutique
2.
Les psychothérapies structurées, en particulier les thérapies cognitivo-
comportementales (TCC) qui ont été les plus étudiées et se sont avérées
les plus efficaces, doivent être, en fonction de leur accessibilité et du choix
du patient, privilégiées par rapport aux traitements médicamenteux.
3.
La durée de traitement du TAG est de 6 mois au moins. Quelles que soient
les modalités de traitement, une réévaluation est faite 1 à 2 semaines
après la 1ère consultation puis toutes les 6 semaines.
4.
L’association du TAG à des troubles de personnalité relève de la thérapie
cognitive ou de la psychothérapie analytique en fonction des attentes
du patient.
5.
Bien qu’insuffisamment documentée, la combinaison du traitement mé-
dicamenteux aux TCC ou à la psychothérapie analytique constitue une
alternative selon les experts.
6.
Chez le sujet âgé, le risque de toxicité des psychotropes est majoré. La
prescription à 1/2 dose des benzodiazépines est recommandée. Les TCC
ou la thérapie de soutien non directive sont conseillées seules ou asso-
ciées aux médicaments. La prise en charge par l’entourage et le soutien
social sont indispensables.
7.
Chez l’alcoolique, il est indispensable de réévaluer le TAG après obtention
de l’abstinence ou d’une tempérance avant d’envisager un traitement
complémentaire. Il est recommandé d’éviter les benzodiazépines hors
sevrage thérapeutique. Les TCC sont recommandées en fonction de leur
accessibilité, de leur faisabilité et du choix du patient.
Ces recommandations sont complétées par un guide complet à l’attention
des médecins, consacré à la prise en charge des troubles anxieux graves
8
.
> Danslestroublesanxieux
Des symptômes anxieux isolés ou ne correspondant pas à un trouble
anxieux caractérisé ne sont pas une indication à un traitement anti-
dépresseur.
Seuls les troubles anxieux caractérisés ayant un retentissement sur la
vie du patient sont une indication à un traitement antidépresseur.
Il n’y a pas d’indication à un traitement antidépresseur dans les phobies
simples et l’agoraphobie isolée.
Médicaments antidépresseurs dans le traitement des troubles dépressifs et des troubles anxieux de
l’adulte
–
AFSSAPS, octobre 2006
5.
L’usage des psychotropes chez l’enfant et l’adolescent
Les psychotropes ont fait l’objet de peu d’études fiables chez l’enfant, com-
parativement à la population adulte. Cependant, cette prescription peut
s’avérer utile pour traiter certains symptômes et pathologies, mais doit être
faite avec grande prudence et dans le cadre d’un suivi régulier.
______
(8)
HAS Guide Affections psychiatriques longue durée – Troubles anxieux graves – Juin 2007
http://has-sante.fr
L’Halopéridol (Haldol¬), neuroleptique conventionnel, est indiqué dans les
troubles graves du comportement, notamment dans le cadre d’un syndrome
autistique.
Le Risperidone (Risperdal®), antipsychotique de deuxième génération, a obtenu
une AMM chez l’enfant de 6 à 11 ans, dans les troubles du comportement
associés à un retard mental ou à un syndrome autistique, tel que l’agitation,
l’agressivité, l’impulsivité majeure, les mutilations ou la répétition de gestes
stéréotypés.
Ces troubles produisent des angoisses profondes ou une vie imaginaire dé-
bordante, parfois des hallucinations, que les médicaments peuvent atténuer.
Ils peuvent alors permettre à l’enfant de se recentrer sur des activités socia-
les ou scolaires, tout en améliorant ses capacités de relation, d’adaptation,
de mémorisation et de concentration.
Cyamémazine (Tercian®) et Propériciazine (Neuleptil®) sont des neuroleptiques
sédatifs. Ils sont utilisés pour soulager les angoisses ou les états d’agitation,
d’agressivité, d’excitation.
Le Méthylphénidate (Ritaline® et Ritaline LP® et Concerta LP®) est un psy-
chostimulant prescrit pour corriger les symptômes du trouble déficitaire de
l’attention avec hyperactivité (TDAH). Les plus fréquents sont une instabilité
émotionnelle et comportementale, une hyperactivité, un manque d’atten-
tion, une incapacité à se concentrer. L’indication doit être bien posée et le
rapport bénéfice/rique du traitement reévalué périodiquement.
Les antidépresseurs chez l’enfant et l’adolescent ont fait l’objet d’études et de
recommandations de l’Afssaps
9
: « Dans l’Union européenne, les médicaments
antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (ISRS) et appa-
rentés
10
sont déconseillés dans le traitement de la dépression chez l’enfant
et l’adolescent, en raison du risque de comportement suicidaire (idées suici-
daires, tentatives de suicide) et de comportement hostile (agressivité, com-
portement d’opposition, colère) mis en évidence chez des enfants et adoles-
cents traités par ISRS au cours d’essais cliniques
11
.
Le risque potentiel des autres antidépresseurs ISRS et apparentés sur la crois-
sance et la maturation sexuelle n’est pas connu, notamment au vu de l’ab-
sence de données chez l’animal juvénile. Cependant, quelques cas de retard
de croissance chez des enfants traités ont été rapportés dans la littérature
12
.
Les conséquences à long terme d’un traitement par ISRS et apparentés chez
l’enfant et l’adolescent, notamment sur la fertilité, ne sont pas connues.
Le risque de comportement suicidaire des antidépresseurs tricycliques ne
serait pas différent de celui des ISRS et apparentés
1 3
.
______
(9)
Afssaps. Mise au point - Le bon usage des antidépresseurs chez l’enfant et l’adolescent. Janvier 2008
(10)
Il s’agit de 13 antidépresseurs dont 2 ne sont pas autorisés en France (atomoxétine et reboxétine).
Les 11 autres sont : fluvoxamine, fluoxétine, citalopram, paroxétine, venlafaxine, milnacipran, sertraline,
mirtazapine, escitalopram, miansérine, et duloxétine.
(11)
Recommandation Agence européenne du médicament. Avril 2005
(12)
The use of medication in treating childhood and adolescent depression : information for physicians.
American Psychiatric Association (APA) and America Academy of Child and Adolescent Psychiatry
(AACAP) 2005. PhysiciansMedGuide. Website : ParentsMedGuide.org.
(13)
Jick et al. Antidepressants and the risk of suicidal behaviors; JAMA 2004 ; 292 : 338-43.
15
3
Les médicaments psychotropes
1. Qu’est-ce qu’un médicament psychotrope ?
C’est un médicament qui agit sur les mécanismes neurobiologiques du cer-
veau afin d’améliorer les troubles ou les dysfonctionnements de l’activité
psychique.
Au niveau du système nerveux, l’activité psychique se traduit par des réac-
tions biochimiques au sein des cellules nerveuses (appelées « neurones ¼).
Les neurones synthétisent des substances appelées neurotransmetteurs*
(ou neuromédiateurs), dont les plus connus sont : la dopamine, la sérotonine
et la noradrénaline.
Ces neuromédiateurs interviennent dans le fonctionnement normal des
neurones mais peuvent aussi, lorsqu’ils sont en quantité anormalement
importante ou au contraire insuffisante, entraîner des troubles, qui se ma-
nifestent par certaines pathologies comme la schizophrénie, les troubles de
l’humeur ou les troubles anxieux. Ce fonctionnement est d’une grande com-
plexité, car il fait intervenir de nombreux systèmes biochimiques.
La recherche scientifique a pu démontrer que des anomalies de biologie céré-
brale étaient associées aux troubles psychiques. On sait par exemple que des
anomalies du système sérotoninergique (c’est-à-dire l’ensemble des neurones
qui utilisent la sérotonine comme neurotransmetteur) sont observées à la fois
dans les troubles de l’humeur, dans les troubles psychotiques et schizophréni-
ques et dans les troubles anxieux.
Les médicaments psychotropes modulent les effets des neurotransmetteurs :
ils améliorent ou stabilisent les anomalies de fonctionnement des cellules
nerveuses.
Toutefois, il faut être très prudent sur les liens de causalité. En effet, si cer-
tains antidépresseurs ont un effet sur les neurotransmetteurs comme la sé-
rotonine, cela ne signifie pas que la cause de la dépression est un manque
de sérotonine. « Un niveau bas de sérotonine ne cause pas la dépression, pas
plus qu’un niveau bas d’aspirine ne cause un mal de tête
14
¼.
2.
Comment agissent les médicaments psychotropes ?
Les médicaments psychotropes, suivant leurs propriétés spécifiques, se fixent
au niveau des récepteurs* neuronaux et entraînent des modifications bio-
chimiques dans le but d’améliorer la neurotransmission.
Bien qu’on ne connaisse pas parfaitement le mécanisme d’action de ces
médicaments, on sait identifier leurs effets et les utiliser pour soulager les
troubles psychiques. On sait quel type de médicament sera efficace pour un
trouble donné et quelles précautions sont à prendre avec chaque médica-
ment. Tous les médicaments, en particulier les neuroleptiques, n’agissent
______
(14)
Lacase JR cité par Barbara Mintzes in « Tous bientôt sous ‘calmants’ dès le berceau ? ¼, Pilule d’Or
Prescrire, 17 janvier 2008.
16
Les médicaments psychotropes – Psychiatrie et santé mentale
17
Les médicaments psychotropes
pas sur les mêmes récepteurs*, ce qui explique la variabilité des réponses à
ces médicaments.
La mise au point d’une nouvelle molécule nécessite au moins dix années
d’études cliniques*, pendant lesquelles toutes les informations sont recen-
sées et font l’objet de nombreuses expertises et essais cliniques, avant la
mise sur le marché.
Après sa commercialisation, un nouveau médicament fait l’objet d’une sur-
veillance continue par les centres régionaux de Pharmacovigilance. Tout
effet grave ou inattendu causé par un médicament doit être signalé rapide-
ment par tout personnel soignant .
Tout effet grave ou inattendu doit être déclaré au centre régional de phar-
macovigilance (CRPV*) par un médecin ou un pharmacien.
3.
Les différentes familles de médicaments
à effet psychotrope
On distingue cinq grandes classes de médicaments :
• Les neuroleptiques et /ou antipsychotiques,
• Les antidépresseurs,
• Les régulateurs de l’humeur ou normothymiques,
• Les tranquillisants ou anxiolytiques,
• Les hypnotiques.
On utilise également fréquemment d’autres médicaments, en particulier :
•Les antiépileptiques (utilisés pour traiter l’épilepsie),
•
Les correcteurs, médicaments parfois associés aux neuroleptiques dans le
but de corriger certains effets indésirables.
3.
a
l e s
n e u r o l e p t i q u e s
En 1952 a été découverte en France la Chlorpromazine (Largactil®), première
molécule à effet neuroleptique identifié. Les neuroleptiques sont des médi-
caments utilisés essentiellement dans le traitement des psychoses.
Les neuroleptiques sont des médicaments symptomatiques, c’est-à-dire
qu’ils traitent les symptômes (signes) psychotiques mais ont souvent
peu d’action sur le «noyau¼ de la maladie. Ils participent à la prise en
charge des patients atteints de troubles psychotiques. Dans la plupart
des cas, ils permettent d’améliorer l’état psychique et facilitent l’adaptation
sociale des patients. Dans quelques cas toutefois, certains symptômes
« résistent ¼ à l’action des médicaments
Depuis quelques années le terme «antipsychotique¼, d’origine anglo-
saxonne est utilisé pour désigner la nouvelle génération de médicaments
neuroleptiques, qu’on appelle aussi parfois neuroleptiques de seconde gé-
nération.
Les neuroleptiques sont classés selon différents critères : leur structure
chimique, leurs propriétés antipsychotiques, leur durée d’action, leur pré-
sentation.
Les effets thérapeutiques et les effets indésirables peuvent varier, d’une
molécule à l’autre, et ils sont également variables suivant les sensibilités de
réponse des patients.
Les neuroleptiques n’entraînent pas de dépendance psychique.
• Action pharmacologique des neuroleptiques :
Première génération :
les neuroleptiques connus depuis la Chlorpromazine
(Largactil®), Halopéridol (Haldol®), Cyamémazine (Tercian®) Lévoméproma-
zine (Nozinan®) et Zuclopenthixol (Clopixol®) ont les actions suivantes :
•
antihallucinatoire : ils diminuent les hallucinations auditives, visuelles,
sensitives ou autres.
•
antidélirante : ils atténuent ou font disparaître les idées délirantes.
•
sédative : ils apaisent et diminuent l’angoisse, l’agitation ou l’agressivité,
qui accompagnent les précédents symptômes.
•
désinhibitrice : ils améliorent le contact du patient avec la réalité.
Ces médicaments ont une action favorable sur les signes « négatifs ¼ (qui
ressemblent à la dépression) et améliorent la cognition (processus de pen-
sée) de la schizophrénie.
Deuxième génération :
les neuroleptiques que l’on appelle aussi «antipsy-
chotiques¼ ou «neuroleptiques atypiques¼ tels que : Clozapine (Leponex®),
Amisulpride (Solian®), Rispéridone (Risperdal®), Olanzapine (Zyprexa®) et
Aripiprazole (Abilify®).
Ils sont aussi efficaces que les neuroleptiques de première génération sur les
signes «positifs¼ (délire, hallucinations, excitation), et semblent un peu plus
efficaces sur les signes «négatifs¼ (ralentissement, retrait affectif), la désor-
ganisation et les troubles cognitifs (troubles de la mémoire, de la concentra-
tion, de l’apprentissage, de la fluence verbale).
Ils entrainent moins d’effets indésirables neurologiques sévères (dyskinésies
tardives) que les neuroleptiques de première génération. Cela ne veut pas
dire qu’ils sont dénués d’effets secondaires. Ils apportent un plus en terme
fonctionnel et améliorent la qualité de vie des patients schizophrènes à long
terme. Ils permettent, combinés avec une prise en charge psychosociale une
meilleure insertion des personnes dans la communauté.
Par ailleurs, la possibilité d’une prise unique journalière peut être plus simple
qu’avec les neuroleptiques classiques.
L’un d’entre eux, la Clozapine (Leponex®) agit sur certaines formes de psychoses
« résistantes ¼ à tous les autres traitements ; il est réservé à des patients qui
n’ont pas eu de réponse satisfaisante avec d’autres neuroleptiques ou qui
présentent une mauvaise tolérance aux traitements classiques.
Parmi les plus récents, Aripiprazole (Abilify®) présente un mécanisme d’ac-
tion un peu différent sur le système dopamine-sérotonine du cerveau et agit
également sur les symptômes « positifs ¼ ou les symptômes « négatifs ¼ de
la maladie, à court ou à long terme.
18
Les médicaments psychotropes – Psychiatrie et santé mentale
19
Les médicaments psychotropes
• Les différentes formes des neuroleptiques
La forme orale
se présente en comprimé, en solution buvable ou en comprimé
orodispersible. Elle est à prendre régulièrement une ou deux fois par jour, se-
lon la prescription médicale. Cette forme nécessite une attention quotidienne
et une bonne implication du patient et de son entourage.
Cette forme est en général utilisée dans la phase initiale de la prise en charge.
La forme injectable
existe sous deux présentations :
•
à effet immédiat, qui peut être administrée en urgence en cas de crise d’agi-
tation par exemple, avant de prendre le relais par une forme orale,
•
à effet prolongé dit «Neuroleptique à Action Prolongée¼ (NAP), dont l’ac-
tion se maintient plusieurs semaines. Un des principaux avantages est de
garantir une meilleure observance du traitement par le patient, et de pré-
venir ainsi les rechutes.
Actuellement cette forme à « action prolongée ¼ existe pour cinq neuro-
leptiques : Haloperidol action prolongée (Haldol decanoas®), Pipotiazine
action prolongée (Piportil L4®), Flupentixol libération prolongée (Fluanxol
LP®), Fluphénazine action prolongée (Modecate®) et Zuclopenthixol action
prolongée (Clopixol AP®).
Parmi les neuroleptiques de deuxième génération, on compte depuis 2005 la
Risperidone action prolongée (Risperdal consta LP®) qui a une durée d’action
de 14 jours, mais dont les trois à quatre premières semaines de traitement
doivent être accompagnées par une complémentation orale de Risperidone
(Risperdal®).
• Le délai d’action des neuroleptiques
La réponse au traitement neuroleptique apparaît en 2 ou 6 semaines. Une
réponse insuffisante après 6 semaines impose une modification de posolo-
gie
15
ou un changement de molécule.
Un neuroleptique d’action prolongée prend le relais d’une forme orale, suivant
l’équivalence de la dose orale, mais il est parfois utile de ré-évaluer la posologie
du neuroleptique d’action prolongée après la troisième ou quatrième injection,
en fonction des effets ressentis par le patient.
• Les principaux effets indésirables des neuroleptiques ?
La sédation :
diminution de l’état d’agitation pouvant entraîner un «ralentis-
sement¼ physique et psychique, voire une sensation de fatigue.
Les troubles neurologiques :
raideur de la marche, difficulté à effectuer cer-
tains mouvements, mouvements involontaires du visage. Ces effets sont
toutefois beaucoup moins fréquents avec les neuroleptiques atypiques
(deuxième génération). Ces effets dits «extrapyramidaux¼ peuvent être cor-
rigés (Voir : Correcteurs).
Les troubles neuro-végétatifs :
sécheresse de la bouche ou salivation excessive,
sécheresse des yeux et vision floue, constipation, hypotension en se levant, dif-
ficulté à uriner.
L’augmentation d’appétit
et l’attirance pour les aliments sucrés : la prise de
poids est à surveiller dès les premières semaines de traitement.
Les troubles hormonaux
(troubles des règles) et les troubles sexuels (im-
puissance ou frigidité, troubles de la libido).
Une propension aux
coups de soleil
.
Suivant la famille chimique du neuroleptique et la posologie utilisée, les
effets indésirables sont très variables, et peuvent s’exprimer de façon dif-
férente suivant les patients. Il convient donc d’envisager au cas par cas, la
meilleure adéquation du traitement de sorte que les effets indésirables n’in-
terfèrent pas avec une bonne observance du traitement .
Les effets indésirables doivent être consignés régulièrement par le patient
et/ou l’équipe soignante, et évoqués lors de la consultation médicale où ils
devront être évalués, et éventuellement corrigés pour ne pas entraver la
qualité de vie du patient. (Voir : Correcteurs)
Sur le plan pharmacologique, les consensus internationaux sont de plus en
plus suivis
16
. L’utilisation d’un neuroleptique de 2
e
génération (ou antipsy-
chotique) en monothérapie est recommandée dans les cas suivants :
• premier épisode de troubles psychotiques,
• rechute sous neuroleptiques conventionnels,
•
mauvaise réponse au traitement initial, avec une période de transition en-
tre les 2 molécules neuroleptiques.
Face aux situations particulières suivantes :
• agressivité : neuroleptiques conventionnels (première génération)
•
agitation, excitation : Valproate (Depakote®) ou benzodiazépine + neuro-
leptique conventionnel (première génération),
•
dysphorie, risque suicidaire : neuroleptique de 2
e
génération (antipsychoti-
que atypique) ou Clozapine (Leponex®)
•
résistance à 2 traitements bien conduits, ou dyskinésies : Clozapine (Le-
ponex®)
> Recommandationsdeprescriptiondesneuroleptiques(has)
1.
Il n’y a pas lieu d’administrer d’emblée, à titre préventif, des correcteurs
anti-cholinergiques lors de la mise en route d’un traitement neurolep-
tique, sauf chez les malades à risques (personnes âgées, antécédents
de syndrome parkinsonien...)
2.
Il n’y a pas lieu, du fait des dangers potentiels (augmentation du risque
des effets secondaires atropiniques), d’associer deux correcteurs anti-
cholinergiques.
3.
Il n’y a pas lieu, dans le traitement d’entretien de la psychose, d’asso-
cier deux neuroleptiques, même s’ils sont à polarité distincte, sauf si
leur prescription est argumentée et périodiquement réévaluée.
______
(15)
Frangou S., Murray RM. Drug treatment strategies. Schizophrenia. Ed. Martin Dunitz. 1997 ; 47 – 57.
(16) American Psychiatry Association (APA 2004)
20
Les médicaments psychotropes – Psychiatrie et santé mentale
21
Les médicaments psychotropes
3.
b
l e s
a n t i d é p r e s s e u r s
Cette classe de psychotropes a également beaucoup évolué ces dernières
années. Ils sont indiqués pour traiter les troubles dépressifs caractérisés,
c’est-à-dire qui ont atteint un certain degré de sévérité et de durée. Certains
ont vu leur indication thérapeutique étendue aux troubles anxieux.
Ces troubles dépressifs peuvent être associés à d’autres troubles psychiques
(par exemple : troubles anxieux, schizophrénie, dépendance à l’alcool ou aux
drogues). Ils agissent aussi sur des neurotransmetteurs (dopamine, séroto-
nine, noradrénaline).
Ces traitements sont en général prescrits de 6 à 8 mois ou parfois plus. Leur
bénéfice et leurs effets indésirables doivent être évalués périodiquement.
Les médicaments les plus couramment utilisés pour soulager les symptô-
mes de la dépression sont :
• Première génération : les tricycliques (ou imipraminiques)
Ces médicaments découverts dans les années 60 [ex : Clomipramine (Ana-
franil®)] sont efficaces dans les dépressions sévères, mais ils ont également
d’autres indications : attaques de panique, troubles obsessionnels compul-
sifs (T.O.C.) ou d’autres troubles.
Ils peuvent présenter des effets indésirables plus ou moins fréquents : hypo-
tension, constipation, sécheresse de la bouche et troubles visuels.
Des médicaments correcteurs de ces effets peuvent être proposés ou parfois
une diminution de posologie ou un changement de médicament permet
une meilleure tolérance.
• Deuxième génération : Les nouveaux antidépresseurs (ISRS* et IRSn*)
Ils sont plus spécifiques par leur mécanisme d’action, car ils agissent sur un
des neurotransmetteurs, la sérotonine : Fluvoxamine (Floxyfral®), Fluoxétine
(Prozac®), Paroxétine (Deroxat®), Citalopram (Seropram®), Escitalopram (Se-
roplex®) et Sertraline (Zoloft®).
Ces médicaments ont également d’autres indications, en particulier, les
troubles obsessionnels compulsifs (TOC), le trouble panique, l’anxiété géné-
ralisée ou les états de stress post-traumatique.
D’autres médicaments agissent au niveau de deux neurotransmetteurs (sé-
rotonine et noradrénaline) : Venlafaxine (Effexor®), Minalcipran (Ixel®), Mir-
tazapine (Norset®) et Doxulétine (Cymbalta®).
D’autres encore peuvent avoir une action régulatrice sur le sommeil souvent
perturbé lors d’épisodes dépressifs : Miansérine (Athymil®)
Ils sont en général bien tolérés mais peuvent, dans certains cas, présenter
des effets indésirables sur le plan digestif (nausées, vomissements) ou des
troubles sexuels.
Ce sont, actuellement, les médicaments les plus prescrits.
• Le délai d’action
La réponse au traitement antidépresseur est en général de 2 à 3 semaines et
le traitement d’un épisode est de plusieurs mois (habituellement de l’ordre
de 6 à 8 mois voire 1 an), afin de prévenir les risques de rechute.
______
(17)
Source : Médicaments antidépresseurs dans le traitement des troubles dépressifs et des
troubles anxieux de l’adulte Afssaps, octobre 2006
• Les principaux effets indésirables des anti-dépresseurs
1 7
Les effets indésirables surviennent en début de traitement ou après augmen-
tation de la posologie, sont dose-dépendants, transitoires.
Effets somatiques
•
avec les imipraminiques : troubles de la vision, bouche sèche, constipation,
tachycardie, rétention urinaire (effets périphériques), confusion (effets
centraux).
On rappelle que les effets anticholinergiques sont à l’origine de certaines
contre-indications des imipraminiques (risque de glaucome par fermeture
de l’angle, hypertrophie bénigne de la prostate) ;
• effets antihistaminiques des imipraminiques : somnolence ;
•
effets sérotoninergiques des ISRS et IRSN : nausées, vomissements, diar-
rhée, hypersudation, céphalées, agitation, insomnie, somnolence, vertiges,
tremblements et asthénie.
Des effets cardiovasculaires peuvent également survenir :
•
les imipraminiques peuvent induire hypotension orthostatique, troubles
du rythme ou troubles de la conduction auriculo-ventriculaire ;
•
les IMAO non sélectifs : hypotension permanente et posturale ;
•
la Venlafaxine et la Duxolétine, pour des posologies élevées, peuvent aug-
menter la pression artérielle.
• Autres effets
Prise de poids, troubles sexuels, syndrome sérotoninergique, hyponatrémie
(sous ISRS), risque de saignements (sous ISRS et Venlafaxine).
Il est recommandé d’instaurer une surveillance clinique, notamment en dé-
but de traitement. Les effets indésirables attendus doivent être recherchés
et évalués de façon systématique à chaque consultation.
Augmentation des enzymes hépatiques nécessitant une surveillance (Duxo-
létine).
Effets psychiques
Il est parfois difficile de distinguer les effets indésirables du traitement des
symptômes de la dépression (idées suicidaires, anxiété, insomnie ou consti-
pation par exemple).
Tous les antidépresseurs peuvent induire des virages maniaques de l’hu-
meur, particulièrement chez les patients bipolaires.
Chez les patients bipolaires
, les antidépresseurs sont susceptibles d’induire
la survenue de cycles rapides (au moins 4 épisodes thymiques par an). L’utili-
sation d’antidépresseurs en monothérapie est alors à éviter.
La survenue de symptômes, tels que l’insomnie, l’irritabilité, l’anxiété,
l’hyperactivité et a fortiori les idées suicidaires nécessite une surveillance
particulière et des consultations plus fréquentes.
22
Les médicaments psychotropes – Psychiatrie et santé mentale
23
Les médicaments psychotropes
> Recommandationsdeprescriptiondesanti-dépresseurs
Les indications des médicaments antidépresseurs sont limitées car ceux-
ci n’ont fait la preuve de leur efficacité et de leur sécurité que dans des
situations clairement définies.
Il est recommandé de ne pas traiter par antidépresseur :
•
les symptômes dépressifs ne correspondant pas aux épisodes dépressifs
majeurs, c’est-à-dire caractérisés, à savoir : symptômes isolés ou en nom-
bre insuffisant pour remplir les critères DSM ou durée des symptômes
dépressifs inférieure à 15 jours ;
•
les épisodes dépressifs caractérisés mais d’intensité légère, sauf en cas
d’échec des autres stratégies.
Les antidépresseurs n’ont pas d’indication dans le trouble dysthymique,
le trouble cyclothymique et le trouble de l’adaptation avec humeur dé-
pressive.
Indications dans les troubles dépressifs majeurs unipolaires :
Le traitement d’un épisode dépressif majeur isolé comporte deux phases :
•
la phase aiguë (traitement d’attaque), dont l’objectif est la rémission
complète des symptômes ;
•
la phase de consolidation, dont l’objectif est de prévenir la rechute de
l’épisode.
En cas de trouble dépressif récurrent, s’ajoute une phase de maintenance,
dont l’objectif est la prévention des récidives (ou récurrences). Ce traitement
de maintenance est particulièrement indiqué dans le trouble dépressif
majeur unipolaire chez les sujets ayant présenté au moins 3 épisodes
dépressifs majeurs au cours des 4 dernières années :
•
si ceux-ci ont été rapprochés
et/ou sévères (notamment :
risque suicidaire,
caractéristiques psychotiques, et incapacité fonctionnelle),
•
surtout lorsqu’existent des symptômes résiduels, des pathologies asso-
ciées, des antécédents familiaux de dépression.
Il est rappelé que, dans le trouble bipolaire, la prévention de nouveaux
épisodes est réalisée en première intention par un traitement thymoré-
gulateur, et non par un antidépresseur seul.
Le plus souvent, la prescription d’un antidépresseur ne répond pas à l’ur-
gence : il est utile de préparer le malade à cette prescription avec un nou-
veau rendez-vous quelques jours plus tard.
Dans les troubles anxieux
Des
symptômes anxieux
isolés ou
ne
correspondant pas
à
un trouble
anxieux
caractérisé ne sont pas une indication à un traitement antidépresseur.
Seuls les troubles anxieux caractérisés ayant un retentissement
sur la vie du
patient sont une indication à un traitement antidépresseur.
Il n’y a pas d’indication à un traitement antidépresseur dans les phobies
simples et l’agoraphobie isolée.
Médicaments antidépresseurs dans le traitement des troubles dépressifs et des troubles anxieux de
l’adulte – AFSSAPS, octobre 2006
3.
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r é g u l a t e u r s
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n o r m o t h y m i q u e s
Appelés aussi thymorégulateurs ou normothymiques, ces médicaments sont
apparus dans les années 60. Ils servent à soigner un épisode dépressif surve-
nant dans le cadre de troubles bipolaires (appelés anciennement psychose
maniaco-dépressive ou P.M.D.). Ils servent aussi à prévenir la survenue des
épisodes aigus de cette pathologie (rechute dépressive ou maniaque).
Ces traitements permettent de réduire la fréquence, la durée, l’intensité des
épisodes et améliorent la qualité des intervalles libres de symptômes. Il en
résulte une amélioration du fonctionnement global du patient.
La durée du traitement est le fruit d’une négociation médecin-malade, avec une
échéance à 2 ou 3 ans avant d’évaluer pleinement l’efficacité du traitement,
dont l’objectif reste la stabilisation au long cours.
Le principal et le plus ancien de ces médicaments est à base de sels de lithium :
Carbonate de lithium (Téralithe® ou Téralithe LP®).
L’utilisation de ce médicament nécessite une surveillance médicale stricte
et des contrôles réguliers du taux sanguin (tous les 2 à 3 mois), afin d’éviter
toute toxicité par surdosage.
Les autres médicaments indiqués dans les troubles bipolaires, sont des mo-
lécules utilisées également dans les troubles épileptiques : la Carbamazé-
pine (Tegretol® et Tegretol LP®) et les sels de l’acide valproïque (Depamide®,
Depakote®).
En cas de résistances à ces traitements, le médecin prescripteur peut être
amené à associer les normothymiques entre eux.
Ils nécessitent également une surveillance médicale au début du traitement,
ainsi qu’une surveillance biologique sur le plan hépatique, Il est parfois utile
de vérifier le taux sanguin pour ajuster le traitement.
Les effets indésirables à surveiller sont : la somnolence ou céphalées en dé-
but de traitement, la prise de poids, les tremblements, les troubles de la vue
ou les troubles cutanés.
Ces deux dernières années, des neuroleptiques antipsychotiques ont reçu
des indications dans les troubles bipolaires, pour le traitement de l’état ma-
niaque, et la prévention des récidives : Olanzapine (Zyprexa®) et Risperidone
(Risperdal®) et Aripiprazole (Abilify®)). Ces médicaments sont souvent asso-
ciés à des normothymiques.
3.
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t r a n q u i l l i s a n t s
Ce sont des médicaments destinés à soulager l’anxiété, fréquente dans les pa-
thologies psychiatriques. Ce sont des médicaments purement symptomatiques,
rapidement efficaces pour atténuer l’anxiété, sans en guérir la cause.
Ils sont principalement représentés par la famille des
benzodiazépines
: Broma-
zepam (Lexomil® ), Diazepam (Valium®), Lorazepam (Temesta®), etc...
Ces médicaments sont bien tolérés, toutefois leurs effets indésirables doivent
être observés et évalués : somnolence en début de traitement, hypotonie
musculaire et perte de réflexes nécessitant la prudence en cas d’utilisation
de machines, perte de mémoire, risque d’accoutumance nécessitant une
24
Les médicaments psychotropes – Psychiatrie et santé mentale
25
Les médicaments psychotropes
augmentation des doses pour obtenir la même efficacité, risque de dépen-
dance au long cours, et parfois réactions paradoxales (en particulier : nervo-
sité, excitation).
Leur prescription doit être limitée à 12 semaines
et réévaluée pour éviter une
dépendance psychologique et/ou pharmacologique. L’arrêt du traitement
doit toujours se faire par diminution progressive de la dose afin d’éviter la
réapparition d’angoisse.
D’autres médicaments peuvent être utilisés, tels que :
•
Buspirone (Buspar®) qui ne présente pas les effets indésirables cités précé-
demment.
•
Hydroxyzine (Atarax®) une molécule plus ancienne utilisée aussi pour les
manifestations allergiques diverses.
Utilisés à bon escient, ces médicaments sont utiles en psychiatrie dans le cadre
d’une prise en charge globale du patient.
Leur prescription doit être limitée (4 semaines maximum) et réévaluée
périodiquement pour éviter une consommation parfois excessive.
3.
e
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s o m n i f è r e s
Ils induisent le sommeil et permettent de réguler le sommeil pour éviter
l’installation d’une insomnie, qui est en général liée à la pathologie psychique.
Le traitement par un hypnotique Zopiclone (Imovane®) ou Zolpidem (Stilnox®)
doit être le plus bref possible. Leur prescription doit être limitée (4 semaines
au maximum) et réévaluée pour éviter une dépendance psychologique et/
ou pharmacologique.
L’arrêt du traitement doit se faire par diminution progressive de la dose.
Certains de ces médicaments appartiennent à la famille des benzodiazépines :
Lormétazapam (Noctamide®) et Témazépam (Normison®). D’autres, plus
anciens, sont composés d’association de 2 molécules sédatives : Acépromé-
tazine + Clorazépate (Noctran®) ou Acéprométazine + Méprobamate (Me-
pronizine®).
>
Il est recommandé de NE PAS associer deux molécules de la même famille
(benzodiazépine hypnotique et benzodiazépine anxiolytique, par exemple).
On utilise encore parfois Alimémazine (Théralène®). Ce produit, qui a des
propriétés antiallergiques et sédatives, est indiqué dans les insomnies occa-
sionnelles. Les effets indésirables peuvent être la sédation, l’hypotension, la
constipation ou la sécheresse de bouche. Comme la durée d’action de ce pro-
duit est relativement longue, il est conseillé de le prendre relativement tôt
dans la soirée, avant 22 heures.
3.
f
l e s
c o r r e c t e u r s
On appelle «correcteurs¼ des médicaments qui sont utilisés pour corriger
certains effets iatrogènes (indésirables) induits principalement par la prise
de neuroleptiques et d’antidépresseurs.
Les effets neurologiques
(raideur des membres, tremblements, mouvements
anormaux des yeux ou de la bouche) sont corrigés par des antiparkinsoniens :
Trihexyphénidyle (Artane® ou Parkitane LP®), Tropatépine (Lepticur®), Bipé-
ridène (Akineton®).
La prescription de ces médicaments doit être réévaluée au bout de 3 à 4 mois
d’utilisation, car ils ne sont pas toujours nécessaires, selon les neuroleptiques et
leurs posologies. Ils peuvent par eux-mêmes entraîner certains effets indésira-
bles (constipation, sécheresse des muqueuses).
L’hypotension orthostatique*
(vertiges en position debout au lever ou au
changement de position), qui se rencontre en début de traitement, peut être
remédiée par quelques mesures simples comme se lever doucement et ne
pas passer directement de la position allongée à la position debout .
Certains médicaments comme Heptaminol (Heptamyl®) ou Cafédrine (Praxi-
nor®) sont encore parfois utilisés, bien que leur évaluation scientifique rende
compte d’une faible efficacité, ce qui conduit à leur déremboursement pro-
gressif.
La constipation
sera prévenue ou traitée par des mesures diététiques (ali-
mentation riche en fibres, boisson en eau suffisante, activité physique suffi-
sante) et si besoin l’utilisation de laxatifs adaptés à chaque situation.
La sécheresse de la bouche
, qui est surtout le fait des neuroleptiques conven-
tionnels ou dans le cas d’une posologie élevée, peut être compensée par la
prise de boissons fréquentes, non sucrées, par petites quantités. L’hygiène
buccale est particulièrement recommandée plusieurs fois par jour dans ces cas.
En cas de gène, des correcteurs peuvent être éventuellement prescrits, com-
me Anéthotrithione en comprimés (Sulfarlem®), spray buccal Artisial® ou un
spray hydratant non médicamenteux Æquasyal®.
La sécheresse oculaire
peut être améliorée par un collyre adapté (type lar-
mes artificielles).
Une hypersalivation
en début de traitement neuroleptique nécessitera une
consultation médicale pour une adaptation de la posologie.
4. La durée des traitements psychotropes
Les psychoses schizophréniques ou les troubles bipolaires nécessitent des
traitements de longue durée qui permettent, en général, de prévenir les re-
chutes. Selon le texte de la conférence de consensus sur ce sujet, «les cures
continues à doses modérées exposent à moins de rechutes ; elles favorisent
une meilleure observance du traitement¼
18
.
Toutefois une réévaluation du traitement doit être réalisée régulièrement par
l’estimation du bénéfice et des effets indésirables. Après 12 mois de traitement
efficace, on peut souvent envisager un traitement d’entretien pour faciliter le
degré d’acceptation du patient. Le médecin doit avoir le souci de rechercher la
dose minimale efficace qui, dans chaque cas sera celle capable de bien stabiliser
la maladie, tout en assurant le moins d’effets indésirables.
Un schéma thérapeutique simple (une à deux prises journalières), une bonne
information du patient et/ou de son entourage sur les effets attendus du
traitement, une bonne compréhension et une reconnaissance du bénéfice
du traitement facilitent l’observance du patient.
______
(18)
Conférence de Consensus. Stratégies thérapeutiques à long terme dans les psychoses schizophréniques.
Paris : Ed. Frison-Roche. 1994
26
Les médicaments psychotropes – Psychiatrie et santé mentale
______
(19)
Conférence de Consensus. Schizophrénies débutantes : diagnostic et modalités thérapeutiques.
Recommandations longues élaborées par le jury. 23 et 24 janvier 2003
(20)
Médicaments antidépresseurs dans le traitement des troubles dépressifs et des troubles anxieux de
l’adulte – Afssaps, octobre 2006
(21)
Mise au point de l’
Afssaps sur « Les troubles du comportement liés à l’utilisation des benzodiazépines
et produits apparentés ¼ (septembre 2001).
(22)(23) Ibid cit. Afssaps octobre 2006
4
5.
Pourquoi associer plusieurs médicaments à effet
psychotrope ?
• neuroleptiques et autres psychotropes
Les personnes dont l’état de santé psychique nécessite un traitement par
neuroleptiques ou antipsychotiques peuvent aussi avoir besoin d’autres
médicaments psychotropes, pour traiter d’autres symptômes accompa-
gnant les troubles psychotiques
19
:
•
Les antidépresseurs, quand les symptômes dépressifs persistent.
•
Les régulateurs de l’humeur pour leur action régulatrice dans les troubles
bipolaires.
•
Les anxiolytiques pour gérer à la fois l’anxiété et l’agitation dans la phase aiguë.
•
Les hypnotiques pour régulariser le sommeil pendant les périodes de crise.
•
Les médicaments correcteurs pour traiter les effets neurologiques (raideur,
tremblements, contractures) ou d’autres effets neurovégétatifs (hypotension).
La décision de prescrire ces médicaments dépend de la sévérité de ces symptô-
mes et de la gêne pour le patient, après avoir considéré d’autres possibilités,
comme modifier la posologie ou changer de molécule. Dans tous les cas une
surveillance et une évaluation régulières sont essentielles.
• Benzodiazépines et antidépresseurs
20
Une prescription concomitante de benzodiazépine (ou apparenté) ne doit pas
être systématique du fait des effets indésirables des benzodiazépines (dé-
pendance et, dans de rares cas, réactions paradoxales). Elle peut être justi-
fiée en début de traitement pour troubles dépressifs, lorsqu‘existent une in-
somnie et/ou une anxiété invalidantes. Pour éviter le risque de dépendance,
il est recommandé d’utiliser la dose minimale efficace et d’interrompre le
traitement dès que l’anxiété et/ou l’insomnie se sont amendées du fait de
l’effet de l’antidépresseur
2 1
.
• Antipsychotiques et antidépresseurs
2 2
La coprescription antidépresseur-antipsychotique est justifiée dans deux cas :
• les épisodes dépressifs majeurs avec caractéristiques psychotiques ;
•
les formes sévères de dépression, même en l’absence de caractéristiques
psychotiques, lorsque l’anxiété est invalidante et le risque suicidaire élevé.
Il est alors recommandé de prescrire des doses modérées d’antipsycho-
tiques sédatifs. Cette co-prescription doit être interrompue dès que les
symptômes dépressifs se sont suffisamment améliorés.
• Coprescription de deux antidépresseurs
23
Il n’y a pas lieu de prescrire en première intention plus d’un antidépresseur
lors de l’instauration du traitement d’un épisode dépressif.
28
29
La surveillance d’un traitement à effet psychotrope
La surveillance d’un
traitement à effet psychotrope
Il est important d’observer :
• les effets thérapeutiques attendus,
•
les effets indésirables au début du traitement (sédation excessive, troubles
digestifs, excitation, surveillance du poids),
• et de respecter la surveillance biologique pour certains médicaments.
1. Surveillance d’un traitement neuroleptique
Les effets neurologiques gênants
(contractures musculaires, raideur, tremble-
ments) peuvent apparaître après l’instauration d’un traitement ou un change-
ment de médicament ou une augmentation de dose. Ils peuvent être corrigés
par des médicaments antiparkinsoniens dits «correcteurs¼ ou par une diminu-
tion de la posologie suivant l’avis médical.
La sédation
est un effet indésirable courant : il faut vérifier si la posologie et le
rythme sont bien adaptés, une altération de la vigilance doit faire suspecter un
surdosage. La prudence doit être recommandée en cas de conduite automobile
ou utilisation de machines.
Les effets métaboliques :
augmentation de l’appétit, prise de poids, aug-
mentation du périmètre abdominal, soif intense et hyperglycémie doi-
vent être surveillées dès le début du traitement. Si besoin, ils peuvent
nécessiter une consultation diététique ou d’un spécialiste endocrino-
logue. Ces effets sont plus fréquemment rencontrés avec les neurolep-
tiques atypiques, en particulier Clozapine (Leponex®) et Olanzapine
(Zyprexa®), puis Rispéridone (Risperdal®) et Amisulpride (Solian®), mais ils
ne sont pas systématiques pour tous les patients.
Les effets neurovégétatifs
comme la sécheresse de bouche, la constipation,
les difficultés à uriner, sont à surveiller régulièrement et peuvent être accen-
tués par les traitements «correcteurs¼.
Les vertiges et les malaises doivent faire suspecter une hypotension orthos-
tatique*.
Les effets endocriniens
à corriger éventuellement : irrégularité des règles,
tension des seins, troubles sexuels (frigidité, impuissance), doivent être ré-
gulièrement évalués au cours du traitement.
La photosensibilisation*
: il faut éviter de s’exposer au soleil sans protection
cutanée.
Les dyskinésies tardives*
(mouvements anormaux bucco-linguo-masticatoires
ou mouvements anormaux des membres ou du tronc) sont moins fréquentes
actuellement avec les neuroleptiques de deuxième génération. Elles peuvent
s’observer après plusieurs années de traitements neuroleptiques à doses éle-
vées ou intermittentes et associées avec des «correcteurs¼ antiparkinsoniens.
C’est pourquoi il est important de signaler et de traiter ces effets neurologiques
dès leur apparition.
Perturbation hématologique :
La Clozapine (Leponex®) nécessite une sur-
veillance hématologique spécifique. Une Numération Formule Sanguine
(NFS) doit être faite chaque semaine, pendant les 18 premières semaines du
traitement, puis mensuellement pendant toute la durée du traitement. Les
résultats doivent être notés par le médecin sur un carnet de surveillance
remis au patient en début de traitement. Ce suivi biologique permet au mé-
decin et au pharmacien de délivrer le produit en toute sécurité. Une baisse
subite des polynucléaires neutrophiles (globules blancs) ou une forte fièvre
brutale doivent nécessiter un avis médical en urgence.
Examens biologiques complémentaires (Recommandations de la HAS
2 4
)
• Glycémie (trimestrielle la première année, puis semestrielle)
•
Bilan lipidique : Cholestérol total, HDL/LDL, triglycérides (surveillance annuelle
ou trimestrielle selon le traitement)
•
Ionogramme sanguin (surveillance annuelle)
•
Dosage des transaminases (surveillance annuelle)
•
ECG* selon le traitement et les données du bilan initial.
•
Hémogramme (surveillance annuelle, sauf pour la Clozapine).
•
Dosage de la prolactine si indication.
•
Dosage sanguin du traitement antipsychotique en cas de réponse clinique
inadaptée, âges extrêmes, suspicion de mauvaise observance ou aide à sa
surveillance, polymédication, analyse des effets indésirables.
2. Surveillance d’un traitement antidépresseur
Surveillance sur le plan psychique
Pendant les premières semaines de traitement, la surveillance clinique doit
être vigilante car il peut se produire une levée de l’inhibition plus ou moins
rapide, avec parfois des pulsions suicidaires ou des inversions rapides de
l’humeur (état d’excitation).
Surveillance sur le plan physique
Les antidépresseurs imipraminiques (de première génération) peuvent entraî-
ner en début de traitement une hypotension orthostatique*, parfois des trem-
blements mais aussi des effets semblables à ceux des neuroleptiques (bouche
sèche, constipation, rétention urinaire, troubles sexuels, prise de poids).
Pour les antidépresseurs de deuxième génération, dits «sérotoninergiques¼,
les signes principaux à surveiller sont les troubles digestifs (nausées, diar-
rhées, sécheresse buccale) qui disparaissent le plus souvent spontanément
après quelques jours. D’autres effets sont à surveiller tels que : nervosité, som-
nolence, insomnie, maux de tête, troubles sexuels, prise de poids.
3. Surveillance d’un traitement normothymique
Les traitements à base de lithium
(Teralithe®) nécessitent au préalable un
contrôle des fonctions rénales, thyroïdiennes et cardiaques, et au cours du
traitement une surveillance rigoureuse du taux sanguin de lithium (lithié-
mie). Le prélèvement sanguin doit être fait toujours à la même heure le ma-
tin avant la prise du médicament, et si possible par le même laboratoire.
______
(24)
HAS Guide Affections longue durée – Schizophrénies – Juin 2007 http://www.has-sante.fr
30
Les médicaments psychotropes – Psychiatrie et santé mentale
31
La surveillance d’un traitement à effet psychotrope
La valeur thérapeutique se situe entre 0,5 à 0,8 mmol/l. pour un traitement par
Teralithe® en 2 ou 3 prises par jour. La valeur thérapeutique se situe entre 0,8 à
1,2 mmol/l. pour la forme à libération prolongée, (Teralithe® LP 400 mg), admi-
nistrée le soir.
Le dosage est recommandé trimestriellement lorsque le traitement est bien
stabilisé.
Les signes les plus fréquents d’un risque de surdosage sont : les nausées, les
tremblements, la soif et les troubles de l’équilibre
2 5
.
Il est recommandé de ne pas faire de régime sans sel et de veiller à lutter
contre la déshydratation en cas de grosse chaleur (canicule, fièvre).
Les associations avec d’autres médicaments, en particulier, diurétiques, anti-in-
flammatoires, certains antihypertenseurs et neuroleptiques sont déconseillées.
Demander conseil à son médecin ou pharmacien, en cas de prises simultanées
de plusieurs traitements.
Carbamazépine
(Tegretol®) : l’établissement de la dose optimale peut être
rendu plus aisé par le dosage plasmatique. Hémogramme et bilans hépati-
ques seront réalisés avant le début du traitement, une fois par semaine le pre-
mier mois, puis devant tout signe clinique d’appel. L’activité est généralement
observée pour des concentrations plasmatiques à l’équilibre (soit au bout
d’une semaine de traitement) de 4 à 12 ¶g/ml (soit 17 à 50 ¶mol/l)
2 8
.
Les associations avec d’autres médicaments, dont il peut diminuer l’effica-
cité, sont à surveiller (Alimémazine/Téralithe®, anticoagulants et contracep-
tifs).
Valpromide
(Dépamide®) et
Divalproate
(Dépakote®). Un bilan hépatique
est fait avant le début du traitement. Puis une surveillance périodique sera
observée jusqu’à la fin du traitement.
La prise de poids doit être également surveillée dès le début de traitement.
4.
Surveillance d’un traitement anxiolytique
et hypnotique
Ces médicaments accompagnent très souvent le traitement neuroleptique
et antidépresseur. Il faut surveiller la somnolence d’importance variable qui
s’accompagne parfois de vertiges ou de faiblesse musculaire et impose la
prudence en cas d’utilisation de machines ou de conduite automobile. Une
réévaluation de la dose peut être nécessaire.
Les effets à plus long terme, surtout avec les médicaments de la famille des
hypnotiques et des benzodiazépines sont :
•
la dépendance
avec des risques de sevrage (malaise général, anxiété, in-
somnie, tremblements, crampes) en cas d’arrêt brutal.
•
l’accoutumance
nécessitant une augmentation progressive des doses pour
ressentir le même effet.
•
l’altération progressive des capacités de mémorisation et d‘apprentissage.
______
(25)
Source VIDAL 2007
(26) (27)
Ibid cit.
(28) Code de déontologie médicale et Loi du 4 mars 2002 dite Droits des malades.
Ces effets ne sont pas systématiques, mais une surveillance et une évaluation
clinique régulière doivent permettre de prévenir ces effets iatrogènes* qui
peuvent survenir à long terme.
5. Surveillance d’un traitement correcteur
On appelle «correcteurs¼ des médicaments qui sont utilisés pour corriger
certains effets iatrogènes* (indésirables) induits principalement par la prise
de neuroleptiques et d’antidépresseurs.
La prescription de ces médicaments doit être réévaluée au bout de 3 à 4 mois
d’utilisation, car ils ne sont pas toujours nécessaires, selon les neuroleptiques et
leurs posologies. Ils peuvent par eux-mêmes entraîner certains effets indésira-
bles (constipation, sécheresse des muqueuses).
6.
Comment favoriser l’observance des traitements ?
Une bonne observance du traitement repose d’abord sur l’élaboration d’une
alliance et d’un programme thérapeutique adapté, après discussion et accord
entre le psychiatre traitant, l’équipe soignante et le patient. Le médecin trai-
tant a le devoir d’informer le patient sur son état de santé et sur le traitement
qui lui est prescrit et de s’assurer de sa bonne compréhension
2 8
.
La famille (ou l’entourage) du patient peut également être informée des ef-
fets du traitement et de son suivi, pour engager le patient et sa famille dans
une relation de collaboration pour la prise en charge.
Le patient doit être encouragé à exprimer à son psychiatre les effets mé-
dicamenteux ressentis, afin que celui-ci puisse ajuster le traitement ou les
autres thérapeutiques proposées. Une bonne observance dépendra souvent
de l’acceptation par le patient et /ou son entourage, du programme théra-
peutique, de sa difficulté à comprendre la maladie, et de la reconnaissance
du bénéfice du traitement. Il est recommandé de motiver les patients à
suivre un programme d’éducation thérapeutique adapté à leurs besoins,
concernant la maladie et le traitement (voir paragraphe suivant).
Il arrive que, malgré les informations et les mises en garde contre un arrêt
brusque du traitement, des patients aient souvent besoin de se rendre comp-
te par eux-mêmes que le traitement est vraiment nécessaire à une stabilisa-
tion de leur état de santé. Ils ne le comprennent parfois qu’après une ou deux
rechutes.
Parfois l’inobservance thérapeutique est le fait d’une communication inadé-
quate entre le patient et le thérapeute ou bien d’un traitement mal toléré :
dans ce cas, il est conseillé de solliciter un changement de médicament voire
de thérapeute.
7. Importance de l’éducation thérapeutique
Comme dans toutes les pathologies chroniques qui nécessitent un traitement
de longue durée, il est nécessaire d’accompagner le patient par un programme
d’éducation thérapeutique portant sur la reconnaissance de sa maladie et l’iden-
tification des symptômes, mais également sur la connaissance de son traite-
ment, des effets des médicaments sur les symptômes (effet thérapeutique), et
des effets indésirables éventuellement.
32
Les médicaments psychotropes – Psychiatrie et santé mentale
33
La surveillance d’un traitement à effet psychotrope
L’Organisation Mondiale de la Santé a défini (1998) l’éducation thérapeutique
du patient comme :
« un processus continu, intégré aux soins et centré sur le patient. Elle com-
prend des activités organisées de sensibilisation, d’information, d’apprentis-
sage et d’accompagnement psychosocial qui concernent la maladie, le trai-
tement prescrit et les établissements de soins, ainsi que les comportements
de santé et de maladie du patient. Elle vise à aider le patient et ses proches à
comprendre la maladie et le traitement, à coopérer avec les soignants, à vivre
le plus sainement possible et à maintenir ou améliorer la qualité de sa vie.
L’éducation devrait rendre le patient capable d’acquérir et de maintenir les res-
sources nécessaires pour gérer de façon optimale sa vie avec la maladie ¼
En juin 2007, la Haute Autorité de Santé (HAS
2 9
) a émis des recommanda-
tions très complètes concernant l’éducation thérapeutique des patients
atteints de pathologies chroniques. L’éducation thérapeutique du patient
(ETP) doit être totalement intégrée dans la prise en charge. Elle doit ré-
pondre aux besoins du patient, en étant structurée, évolutive et en tenant
compte de son environnement.
De nombreux programmes sont proposés et réalisés par les équipes de soins
psychiatriques : groupes de paroles, vidéos, jeux de rôles pour développer les
habiletés sociales, etc...
En 2003, le Réseau PIC a développé une méthode originale pour l’éducation
au traitement :
L’atelier du médicament
.
L’atelier du médicament est un groupe de parole, animé par un pharmacien,
destiné à répondre aux questionnements des patients sur leurs traitements
dans le but de les aider à reconnaître les bénéfices du traitement, à identifier
les effets indésirables, à les aider à distinguer les signes de la maladie des
effets médicamenteux et, en fin de compte, à renforcer l’alliance thérapeuti-
que et l’observance médicamenteuse.
Cette activité permet également aux professionnels (psychiatre, infirmier,
pharmacien) une meilleure collaboration en ce qui concerne l’évaluation du
traitement et la prévention de la iatrogénie* médicamenteuse.
Cette action éducative a aussi pour objectif d’aider le patient à s’impliquer
davantage dans sa démarche de soins, et l’accompagner vers une meilleure
autonomie.
Des Ateliers du médicament existent dans plusieurs établissements de santé
mentale dans différentes régions de la métropole. Renseignez-vous auprès des
pharmaciens de votre région (voir liste sur le site www.reseau-pic.info ).
Plus récemment (2007-2008), le Réseau PIC a conçu un programme complet
et global basé sur les notions d’insight, d’observance thérapeutique et patho-
logie mentale. Il s’agit des
ateliers ARSIMED
( Aider à Reconnaître les Signes de
la maladie et des MEDicaments). Ce programme suit les récentes recomman-
dations nationales. Il s’appuie sur la recherche scientifique psychiatrique ré-
cente et utilise des méthodes reconnues pour leur efficacité. Il a pour objectif
d’aider le patient, avec l’aide de ses proches, à mieux connaître sa maladie et à
mieux en gérer les symptômes et le traitement.
Ce programme comprend plusieurs modules indépendants, d’une part pour
les patients, afin de les aider à prendre leur traitement, d’autre part pour les
proches, afin de les aider dans l’accompagnement de leur proche à observer
les prescriptions médicamenteuses.
Ce programme d’ « éducation ¼ est entièrement élaboré et assuré par des
professionnels de santé : psychiatres, pharmaciens et infirmiers. Il peut
s’adapter à toutes les pathologies psychiques (schizophrénie, troubles bipo-
laires, troubles addictifs).
______
(29)
www.has-sante.fr
35
Les précautions à observer
1.
Les médicaments à effet psychotrope sont-ils
compatibles avec d’autres traitements ?
Des précautions particulières sont à prendre pour certaines pathologies
comme la maladie de Parkinson ou l’épilepsie. Toutefois il est recommandé
d’informer de son traitement tout autre praticien consulté (médecin, den-
tiste ou pharmacien) pour éviter d’accentuer certains effets secondaires
avec d’autres traitements pris simultanément (traitement cardiologique,
antibiotique, anti-inflammatoire…).
2. Peut-on éviter les effets indésirables ?
Les effets indésirables, encore appelés à tort «effets secondaires¼, doivent
être observés et consignés pour savoir s’ils sont imputables au traitement
médicamenteux ou non et à quel médicament en particulier. Qu’ils soient
modérés ou non, ils doivent être évalués régulièrement par le patient et son
médecin pour déceler tout retentissement sur le fonctionnement psychoso-
cial ou la qualité de vie. Le prescripteur doit chercher à adapter au mieux le
traitement que ce soit par rapport à la tolérance, à la facilité de prise, et à la
bonne compréhension du traitement.
Un traitement adapté est un traitement dont le bénéfice peut être reconnu
par le patient ou son entourage. Ce bénéfice doit toujours être supérieur
aux inconvénients.
3. Qu’appelle-t-on «résistance¼ à un traitement ?
La résistance caractérise l’impossibilité de réduire de façon satisfaisante les
signes cliniques de la maladie, avec les médicaments couramment utilisés.
A titre d’exemple, on parle de schizophrénie résistante lorsque : un patient
a été traité durant au moins trois périodes de soins, par un antipsychotique
de 2 classes pharmacologiques différentes, pendant au moins 6 mois, sans
efficacité sur la diminution des symptômes
3 0
.
Dans le cas des schizophrénies, la résistance aux médicaments actuels ca-
ractériserait 30% des cas
3 1
.
Il ne faut pas confondre «résistance¼ avec «rechute¼ :
La rechute correspond à une récurrence de la pathologie qui a précédemment
répondu au traitement. Lorsque l’arrêt d’un traitement est brutal ou trop pré-
coce (dans les 6 premiers mois), le taux de rechute atteint 50 % dans les trente
semaines suivant l’arrêt
32 –3 3
. Les rechutes sont d’autant plus précoces que l’ar-
rêt des neuroleptiques est brutal.
______
(30)
Frangou S., Murray RM. Drug treatment strategies. Schizophrenia. Ed. Martin Dunitz. 1997; 47-57.
(31)
Frangou S. ibid cit.
(32)
Ayusso-Gutiérez J.L., del Rio Vega J.M. Factors influencing relapse in the long-term course of
schizophrenia. Schizophrenia Research 1997.28,199-206.
Gaebel W., Pietzcker A. One year outcome of schizophrenic patients: the interaction of chronocity and
neuroleptic treatment. Pharmacopsychiatry 1985. 18, 235-239.
(33)
Gauthier S, Rechutes, ou crises, régressions, réorganisations des états psychotiques dans leur traitement
au long cours Psychiatrie Française, 2007, vol 38, n°1, p. 34-58 « J’ai envie d’arrêter mon traitement ¼
[dossier] Santé Mentale, 2007, n° 115, p. 23-76
5
36
37
Les précautions à observer
Les médicaments psychotropes – Psychiatrie et santé mentale
On définit la dépendance par : « un comportement de consommation de
substances psychoactives (qui agissent sur le cerveau) ¼.
La communauté scientifique internationale individualise trois grands types
de comportement de consommation de substance psychoactives (alcool,
cannabis, médicament, tabac…) :
1.
l’usage qui n’entraîne pas de dommage et qui n’est donc pas pathologique
.
Cependant, l’usage peut être pathologique dans certaines situations
(grossesse), et au-delà de certaine quantité (> 2 verres d’alcool standard
chez une femme et > 4 chez un homme). Il faut aussi rappeler que ce type
de comportement fait le lit de l’abus et de la dépendance.
2.
l’usage nocif ou l’abus
. Là, il y problèmes légaux, psychosociaux et ou phy-
siques en lien avec la prise de substance psychoactive. On ne peut à pro-
prement parler de maladie, mais de problème.
3.
la dépendance qui est la maladie du comportement de consommation.
Elle se caractérise par 3 sortes de signes : le craving (recherche compulsive
de substance contre raison et volonté ; expression de la dépendance psy-
chique) ; les phénomènes de sevrage (symptômes physiques propres à une
substance liés à l’arrêt de celle-ci, qu’il soit volontaire ou involontaire) et
de tolérance (augmentation des quantités de la substance pour en obtenir
les effets recherchés), qui sont l’expression de la dépendance physique.
On définit l’addiction par : « l’impossibilité répétée de contrôler sa consom-
mation. La poursuite d’un comportement en dépit de la connaissance de ces
conséquences négatives. Ce comportement vise à produire du plaisir ou à
écarter une sensation de malaise interne ¼.
ReMARQue : on peut présenter une addiction sans être dépendant mais tous
les dépendants ont une addiction.
La toxicomanie aux médicaments psychotropes est complexe et paradoxale.
Complexe
car il est difficile de dégager des frontières entre dépendance,
consommation et addiction. Par exemple le fait de prendre des benzodia-
zépines pour un trouble anxieux rend le sujet addicte mais pas dépendant.
Néanmoins ce sujet peut devenir dépendant (toxicomanie secondaire).
Paradoxale
, car décriée mais peu étudiée.
4. Le syndrome malin des neuroleptiques (smn)
Cet événement grave est heureusement exceptionnel. Il se traduit par de la
fièvre, une hypersudation, de la pâleur et/ou des troubles de la conscience.
L’apparition de ce syndrome serait favorisée par la déshydratation, les fortes
posologies ou l’association des neuroleptiques avec du lithium ou des anti-
dépresseurs sérotoninergiques.
Une fièvre élevée sans cause apparente impose un avis médical d’urgence,
avis qui peut entraîner un arrêt du traitement neuroleptique. Le traitement
médical d’urgence sera réalisé en structure hospitalière.
Il n’y a actuellement aucun facteur prédictible de ce syndrome qui peut
survenir avec toutes les molécules neuroleptiques. L’incidence de cet évé-
nement reste extrêmement faible par rapport au recul d’utilisation des neu-
roleptiques.
5.
Incidence de l’utilisation des drogues
sur les médicaments psychotropes
L’utilisation de drogues quelle qu’elles soient et l’abus d’alcool sont respon-
sables de rechutes de troubles psychiatriques (dépression, trouble bipolaire,
schizophrénie…), mais aussi et surtout d’une mauvaise observance théra-
peutique.
La consommation de drogues
(cannabis, ecstasy, autres substances à risques)
augmente les effets sédatifs des psychotropes, et peut provoquer des halluci-
nations, des crises de panique, voire une rechute de la maladie psychique.
Si la consommation de cannabis par elle-même n’entraîne pas de pathologie
psychiatrique, par contre sa consommation chez une personne prédisposée
peut favoriser l’apparition de troubles psychiatriques.
La conduite d’un traitement chez certains patients (notamment les per-
sonnes présentant des troubles schizophréniques) prenant également des
drogues, est d’autant plus difficile que l’utilisation de drogues est souvent
sous-estimée. La collaboration avec l’entourage est souvent très utile.
La consommation d’alcool
est déconseillée avec tous les médicaments psy-
chotropes et généralement avec les autres médicaments. En effet, elle peut
entraîner une somnolence excessive, augmenter les effets indésirables, le
mal-être et l’angoisse.
La consommation de tabac
n’est pas recommandée, car elle diminue l’effica-
cité de certains neuroleptiques.
Médicaments psychotropes :
dépendance et sevrage
38
Les médicaments psychotropes – Psychiatrie et santé mentale
6
Néanmoins, on distingue pour les médicaments psychotropes :
•
Toxicomanie de trafic : par exemple les polytoxicomanes détournant les
psychotropes de leur usage. Parmi les psychotropes utilisés et détournés
de leur usages : benzodiazépines et hypnotiques, mais aussi psychosti-
mulants, amphétaminiques et correcteurs des neuroleptiques. Auxquels il
faut ajouter les produits de substitution comme le Subutex¦.
•
Toxicomanie secondaire au traitement de la maladie psychiatrique : exem-
ple benzodiazépines chez les anxieux.
•
Toxicomanie sociale ou de mode comme par exemple celle des antidépres-
seurs « pour lutter contre les maux de la vie ¼.
Les patients souffrant d’une pathologie psychiatrique peuvent présenter
une conduite addictive à certaines substances psychoactives. La conduite
addictive devra être prise en compte dans la prise en charge globale de la
personne, en tenant compte des répercussions possibles sur l’humeur et les
fonctions cognitives.
Sur le fond, le sevrage des médicaments toxicomanogènes est identique au
sevrage d’autres substances psychoactives. D’abord il convient de program-
mer avec le patient le début de sevrage ainsi que le lieu de celui-ci : ambu-
latoire (le patient reste chez lui) ou à l’hôpital. Ensuite il faudra prendre en
compte le type de médicament et la durée d’utilisation, afin que ce sevrage
se déroule dans de bonnes conditions physiques et psychologiques pour le
patient .
D’une manière générale, plus la durée de l’intoxication est longue plus le
sevrage sera long et la décroissance de la substance psychoactive lente. En
effet, le sevrage ne peut être brutal. Il s’agit d’un problème pharmacodyna-
mique de « hauts et bas ¼ de régulation. Comme pour l’alcool il n’existe pas
de traitement de substitution.
40
Les médicaments psychotropes – Psychiatrie et santé mentale
41
Annexes
Glossaire des termes ou sigles
médicaux
C.R.P.V. :
Centre Régional de Pharmacovigilance.
http://www.centres-pharmacovigilance.net/
Dyskinésie tardive :
complication neurologique (mouvements anormaux
bucco-linguo-masticatoires ou mouvements anormaux des membres ou du
tronc) qui peut apparaître du fait d’un traitement neuroleptique.
Etudes cliniques :
phases d’expérimentation d’un médicament réalisées selon
des protocoles établis, et qui conduisent à l’autorisation de mise sur le marché
(AMM).
Hyposialie :
insuffisance de la sécrétion salivaire.
Hypotension orthostatique :
baisse de la tension artérielle quand le sujet
passe de la position assise ou couchée à la position debout.
Iatrogène :
caractérise un effet plus ou moins grave ou gênant qui résulte
d’un soin ou d’un traitement .
ISRS :
Inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine.
IRSN :
Inhibiteur de la recapture de la sérotonine-noradrénaline.
Neuroleptique ou antipsychotique :
médicament majeur utilisé pour traiter
les états d’agitation, les délires, les hallucinations des états psychotiques.
Neurotransmetteurs :
substance cérébrale qui assure une transmission d’in-
formation au niveau du neurone.
Pharmacovigilance :
organisation de la surveillance des effets indésirables
graves ou inattendus des médicaments après leur commercialisation.
Photosensibilisation :
réaction d’hypersensibilité de la peau à la lumière so-
laire ou U.V qui peut être due à des médicaments (en particulier : neurolep-
tiques, antidépresseurs, antibiotiques).
Psychotrope :
caractérise un médicament qui exerce une action sur le fonc-
tionnement psychique.
Récepteurs :
structure de la cellule nerveuse où se fixent des molécules (mé-
dicament) ou des neurotransmetteurs qui peuvent les activer ou les bloquer
suivant leur action.
Sédation :
action calmante due aux neuroleptiques dans les cas d’agitation
psychique.
Sérotonine :
neurotransmetteur présent dans le cerveau et qui intervient
dans différents mécanismes (psychose, dépression, douleur).
Symptomatique :
se dit d’un état qui correspond à un symptôme.
Troubles cognitifs :
modification ou diminution des facultés de concentration,
d’attention, de la mémoire et de l’apprentissage.
Bibliographie pratique
• Guide des médicaments «psy¼. Gay C., Gérard A., Livre de poche, 2001.
• Observance médicamenteuse et Psychiatrie. Palazzolo J., Elsevier, 2004
•
Les médicaments psychotropes. Spadone C. , Eds Flammarion, Collection
Dominos, 1998.
•
Patients, quels sont nos droits ?, Wils J. et Germond M. Inpress, Paris 2007,
174 pages
•
Les droits du patient. Viviana S et Winckler M, Fleurus, Paris 2007 : 396 pages
•
Médicaments antidépresseurs dans le traitement des troubles dépressifs et
des troubles anxieux de l’adulte, Agence Française de Sécurité Sanitaire des
Produits de Santé, octobre 2006 http://www.afssaps.sante.fr
•
Diagnostic et prise en charge en ambulatoire du trouble anxieux généralisé
de l’adulte, Haute Autorité de santé http://www.has-sante.fr
•
Stratégies thérapeutiques à long terme dans les psychoses schizophréniques.
Conférence de consensus. Ed. Frison-Roche. 1994
http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/conf&rm/conf/conf.html
•
Schizophrénies débutantes : Diagnostic et modalités thérapeutiques. Confé-
rence de consensus. Eds John Libbey EUROTEXT. 2003
http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/conf&rm/conf/conf.html
•
Guide Affections longue durée – Schizophrénies – Haute Autorité de santé
Juin 2007 http://www.has-sante.fr
•
Guide Affections psychiatriques longue durée – Troubles anxieux graves –
Haute Autorité de santé Juin 2007 http://has-sante.fr
42
Les médicaments psychotropes – Psychiatrie et santé mentale
43
Annexes
Quelques références sur internet
Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS)
Dans le développement d’un médicament, l’Afssaps intervient dès la phase
des essais cliniques. Elle autorise ensuite sa mise sur le marché (AMM) en
fonction de l’évaluation de son bénéfice et de ses risques. Elle assure la sur-
veillance de sa sécurité d’emploi. C’est elle également qui contrôle la pu-
blicité auprès du public et des professionnels de santé. Elle favorise le bon
usage du médicament en élaborant diverses recommandations (recomman-
dations de bonne pratique, mises au point, lettres aux prescripteurs).
Site :
http://www.afssaps.sante.fr/
Catalogue et index des sites médicaux francophones
Cette liste de sites contient un classement thématique, un classement alpha-
bétique, et un accès par type de ressources.
Site :
http://www.chu-rouen.fr/cismef/ ou http://www.cismef.org/
Drogue et dépendance
Du bon et du mauvais usage de ces médicaments qui sont là pour soigner et
qu’il ne faut surtout pas prendre à la légère
http://www.drogues-dependance.fr/medicaments_psychoactifs.html
Fédération française de psychiatrie (FFP)
Renseignements sur les pathologies, l’actualité de la psychiatrie en France
et à l’étranger.
Site :
http://www.psydoc-fr.broca.inserm.fr/
Haute Autorité de santé (HAS)
Recommandations de bonne pratique et conférences de consensus.
Site
: http://www.has-sante.fr/
Organisation mondiale de la santé (OMS)
La santé mentale dans le monde : rapports et atlas.
Site OMS :
http://www.who.int/health_topics/mental_health/fr/
Site Centre collaborateur OMS Santé mentale :
http://www.epsm-lille-metropole.fr (Rubrique CCOMS)
Psycom 75
Syndicat interhospitalier de communication en psychiatrie
Site :
http://www.psycom75.org/
Réseau PIC
Consulter des documents, poser une question ou recevoir un conseil ou un
avis relatif à un traitement ou un médicament. Contacter directement par
courrier électronique le pharmacien du réseau PIC le plus proche de sa rési-
dence : liste accessible sur le site Internet
Site :
http://www.reseau-pic.info
Revue Prescrire
Pour les meilleurs soins possibles, au regard du seul intérêt des patients, les
professionnels de santé ont besoin de fonder leur activité et leurs décisions
sur des données claires, solides et indépendantes.
La raison d’être de Prescrire : apporter aux professionnels de santé, et à travers
eux aux patients, les informations claires, synthétiques et fiables dont ils ont
besoin, en particulier sur les médicaments et les stratégies thérapeutiques et
diagnostiques.
http://www.prescrire.org/
Les associations de patients
et de proches
Elles proposent des groupes de paroles, des lignes d’écoute téléphonique,
des conseils et de l’entraide.
Fédération nationale des associations d’usagers en psychiatrie (FnAPsy)
33, rue Daviel, 75013 Paris
tél
01 43 64 85 42
fax
01 42 82 14 17
email
contact@fnapsy.org
site web
http://www.fnapsy.org
union nationale des amis et familles de malades psychiques (unAFAM)
12 Impasse Compoint, 75017 Paris
tél
01 53 06 30 43
fax
01 42 63 44 00
email
unafam-@wanadoo.fr
site web
http://www.unafam.org/
service écoute famille
01 42 63 03 03
ARGOS 2001 (affiliée Fnapsy)
Aide aux personnes souffrant de troubles bipolaires et à leurs proches
Maison des associations - Boîte n° 30 11, rue Caillaux - 75013 Paris
tél
01 69 24 22 90
email
argos.2001@free.fr
site web
http://argos.2001.free.fr/
Association française de personnes souffrant de troubles obsessionnels
compulsifs (AFTOC)*
12, rue de Versailles - 78117 Châteaufort
tél
01 39 56 67 22
email
aftoc@club-internet .fr
site web
http://www.aftoc.fr.st/
Association France Dépression
4 , rue Vigée-Lebrun - 75015 Paris
tél
01 40 61 05 66
email
info@france-depression.org
ite web
http://www.france-depression.org/
Mediagora (affiliée Fnapsy)
Association Mediagora Paris – Pour celles et ceux qui souffrent de phobies
et d’anxiété
tél
01 43 31 42 79
email
mediagora@free.fr
site web
http://mediagora.free.fr
Schizo ?... Oui !
3, rue Vergniaud - Bat D. - 75013 Paris
tél
01 45 89 49 44
email
contactschizo@free.fr
site web
http://www.schizo-oui.com/
44
Les médicaments psychotropes – Psychiatrie et santé mentale
45
Annexes
Principaux médicaments psychotropes utilisés
1 –
Classement alphabétique par nom de molécule (Dénomination Commune
Internationale)
DCI
nom Commercial CLASSe ou FAMILLe
Laboratoire
ACAMPROSATE
Aotal®
Etats de dépendance à l’alcool Lipha
ACÉPROMÉTAZINE
+ CLORAZÉPATE
Noctran® Hypnotique
Menarini
ALIMÉMAZINE
Theralene® Neuroleptique hypnotique Medeva Pharma
ALPRAZOLAM
Alprazolam® Anxiolytique benzodiazépine Merck. Génériques
ALPRAZOLAM
Xanax® Anxiolytique benzodiazépine Sanofi Aventis
AMISULPRIDE
Solian® Antipsychotique
Sanofi Aventis
AMITRIPTYLLINE
Laroxyl® Antidépresseur imipraminique Roche
ARIPIPRAZOLE
Abilify® Antipsychotique
B.M.S &
Otsuka Pharma
BROMAZEPAM
Lexomil® Anxiolytique benzodiazépine Roche
BUSPIRONE
Buspar® Anxiolytique
Bristol-Myers
BUPRÉNORPHINE
Subutex® Etats de dépendance aux opiacés ScheringPlough
CARBAMAZÉPINE
Tegretol® Normothymique, antiépileptique Novartis
CARBONATE DE
LITHIUM
Teralithe® Normothymique
Sanofi Aventis
CHLOPROMAZINE
Largactil® Neuroleptique
Sanofi Aventis
CITALOPRAM
Seropram® Antidépresseur sérotoninergique Lundbeck
CLOBAZAM
Urbanyl® Anxiolytique benzodiazépine Sanofi Aventis
CLOMIPRAMINE
Anafranil® Antidépresseur imipraminique Novartis
CLONAZÉPAM
Rivotril® Antiépileptique benzodiazépine Roche
CLORAZÉPATE
Tranxene® Anxiolytique benzodiazépine Sanofi Aventis
CLOZAPINE
Leponex® Antipsychotique
Novartis
CYAMÉMAZINE
Tercian® Neuroleptique
Sanofi Aventis
DIAZÉPAM
Valium® Anxiolytique benzodiazépine Roche
DIVALPROATE
Depakote® Normothymique
Sanofi Aventis
DOSULÉPINE
Prothiaden® Antidépresseur
C. S. P.
DOXULÉTINE
Cymbalta® Antidépresseur
Lilly
FLUOXÉTINE
Prozac® Antidépresseur sérotoninergique Lilly
FLUPENTIXOL
Fluanxol® Neuroleptique
Lündbeck
FLUPHÉNAZINE
Moditen® Neuroleptique
Bristol-Myers
FLUPHÉNAZINE
ACTION PROLONGÉE
Modecate® Neuroleptique action prolongée
(NAP)
Bristol-Myers
FLUVOXAMINE
Floxyfral® Antidépresseur sérotoninergique Solvay Pharma
HALOPÉRIDOL
Haldol® Neuroleptique
Janssen-Cilag
HALOPÉRIDOL À
ACTION PROLONGÉE
Haldol
Decanoas®
Neuroleptique action prolongée
(NAP)
Janssen-Cilag
HYDROXYZINE
Atarax® Anxiolytique
C. S. P.
IMIPRAMINE
Tofranil® Antidépresseur imipraminique Novartis
LÉVOMÉPROMAZIN E
Nozinan® Neuroleptique
Sanofi Aventis
LORAZEPAM
Temesta® Anxiolytique benzodiazépine Wyeth-Lederlé
LORMÉTAZEPAM
Noctamide® Hypnotique benzodiazépine Schering
LOXAPINE
Loxapac® Neuroleptique
Wyeth-Lederlé
MAPROTILINE
Ludiomil® Antidépresseur
Novartis
MÉPROBAMATE
Equanil® Anxiolytique
Sanofi Aventis
MÉPROBAMATE +
ACÉPROMÉTAZINE
Mepronizine® Hypnotique
Sanofi Aventis
MÉTHADONE
Methadone® Etat de dépendance aux opiacés AP HP
MIANSÉRINE
Athymil® Antidépresseur
Riom-Cerm
MINALCIPRAN
Ixel®
Antidépresseur
P.F. Médicament
MIRTAZAPINE
Norset® Antidépresseur
Riom-Cerm
MOCLOBÉMIDE
Moclamine® Antidépresseur (IMAO)
Roche
NALTREXONE
Revia®
Etats de dépendance à l’alcool Dupont Pharma
OLANZAPINE
Zyprexa® Antipsychotique
Lilly
OLANZAPINE
ORODISPERSIBLE
Zyprexa
Velotab®
Antipsychotique
Lilly
OXAZÉPAM
Seresta® Anxiolytique benzodiazépine Wyeth-Lederlé
PAROXÉTINE
Deroxat® Antidépresseur sérotoninergique GlaxoSmithKline
PHÉNOBARBITAL
Alepsal® Antiépileptique
Génévrier
PHÉNOBARBITAL
Gardenal® Antiépileptique
Sanofi Aventis
PIMOZIDE
Orap®
Neuroleptique
Janssen-Cilag
PIPAMPÉRONE
Dipiperon® Neuroleptique
Janssen-Cilag
PIPOTIAZINE
Piportil® Neuroleptique
Sanofi Aventis
PIPOTIAZINE
ACTION PROLONGÉE
Piportil L4® Neuroleptique action prolongée
(NAP)
Sanofi Aventis
PRAZÉPAM
Lysanxia® Anxiolytique benzodiazépine Pfizer
PROPÉRICIAZINE
Neuleptil® Neuroleptique
Sanofi Aventis
RISPÉRIDONE
Risperdal® Antipsychotique
Janssen-Cilag
RISPÉRIDONE
ACTION PROLONGÉE
Risperdal Consta
Lp®
Antipsychotique
Janssen-Cilag
SERTRALINE
Zoloft® Antidépresseur sérotoninergique Pfizer
SULPIRIDE
Dogmatil®
Synedil®
Neuroleptique
Sanofi Aventis
SULTOPRIDE
Barnetil® Neuroleptique
Sanofi Aventis
SULTOPRIDE
Sultopride® Neuroleptique
Panpharma
TIANEPTINE
Stablon® Antidépresseur
Servier
TIAPRIDE
Tiapridal® Neuroleptique
Sanofi Aventis
TRIMIPRAMINE
Surmontil® Antidépresseur imipraminique Sanofi Aventis
VALPROATE
Depakine® Antiépileptique
Sanofi Aventis
VALPROMIDE
Depamide® Normothymique
Sanofi Aventis
VENLAFAXINE
Effexor® Antidépresseur
Wyeth-Lederlé
ZOLPIDEM
Stilnox® Hypnotique
Sanofi Aventis
ZOPICLONE
Imovane® Hypnotique
Sanofi Aventis
ZUCLOPENTHIXOL
Clopixol® Neuroleptique
Lundbeck
ZUCLOPENTHIXOL À
ACTION PROLONGÉE
Clopixol® Ap Neuroleptique action prolongée
(NAP)
Lundbeck
46
Les médicaments psychotropes – Psychiatrie et santé mentale
47
Annexes
2 – Classement alphabétique par nom commercial
nom commercial
DCI
CLASSe ou FAMILLe
Laboratoire
Abilify®
ARIPIPRAZOLE
Antipsychotique
B.M.S &
Otsuka Pharma
Alepsal®
PHÉNOBARBITAL
Antiépileptique
Génévrier
Alprazolam®
ALPRAZOLAM
Anxiolytique benzodiazépine Merck. Génériques
Anafranil®
CLOMIPRAMINE
Antidépresseur imipraminique Novartis
Aotal®
ACAMPROSATE
Etats de dépendance à l’alcool Lipha
Atarax®
HYDROXYZINE
Anxiolytique
C. S. P.
Athymil®
MIANSÉRINE
Antidépresseur
Riom-Cerm
Barnetil®
SULTOPRIDE
Neuroleptique
Sanofi Aventis
Buspar®
BUSPIRONE
Anxiolytique
Bristol-Myers
Clopixol®
ZUCLOPENTHIXOL
Neuroleptique
Lundbeck
Clopixol® AP
ZUCLOPENTHIXOL À
ACTION PROLONGÉE
Neuroleptique action prolongée
(NAP)
Lundbeck
Depakote®
DIVALPROATE
Normothymique
Sanofi Aventis
Depakine®
VALPROATE
Antiépileptique
Sanofi Aventis
Depamide®
VALPROMIDE
Normothymique
Sanofi Aventis
Deroxat®
PAROXÉTINE
Antidépresseur sérotoninergique GlaxoSmithKline
Dipiperon®
PIPAMPÉRONE
Neuroleptique
Janssen-Cilag
Dogmatil®
SULPIRIDE
Neuroleptique
Sanofi Aventis
Effexor®
VENLAFAXINE
Antidépresseur
Wyeth-Lederlé
Equanil®
MÉPROBAMATE
Anxiolytique
Sanofi Aventis
Floxyfral®
FLUVOXAMINE
Antidépresseur sérotoninergique Solvay Pharma
Fluanxol®
FLUPENTIXOL
Neuroleptique
Lündbeck
Gardenal®
PHÉNOBARBITAL
Antiépileptique
Sanofi Aventis
Haldol®
HALOPÉRIDOL
Neuroleptique
Janssen-Cilag
Haldol
Decanoas®
HALOPÉRIDOL À
ACTION PROLONGÉE
Neuroleptique action prolongée
(NAP)
Janssen-Cilag
Imovane®
ZOPICLONE
Hypnotique
Sanofi Aventis
Ixel®
MINALCIPRAN
Antidépresseur
P.F. Médicament
Largactil®
CHLORPROMAZINE
Neuroleptique
Sanofi Aventis
Laroxyl®
AMITRIPTYLLINE
Antidépresseur imipraminique Roche
Leponex®
CLOZAPINE
Antipsychotique
Novartis
Lexomil®
BROMAZEPAM
Anxiolytique benzodiazépine Roche
Loxapac®
LOXAPINE
Neuroleptique
Wyeth-Lederlé
Ludiomil®
MAPROTILINE
Antidépresseur
Novartis
Lysanxia®
PRAZÉPAM
Anxiolytique benzodiazépine Pfizer
Mepronizine®
MÉPROBAMATE +
ACÉPROMÉTAZINE
Hypnotique
Sanofi Aventis
Methadone®
MÉTHADONE
Etat de dépendance aux opiacés AP HP
Moclamine®
MOCLOBÉMIDE
Antidépresseur (IMAO)
Roche
Modecate®
FLUPHÉNAZINE
ACTION PROLONGÉE
Neuroleptique action prolongée
(NAP)
Bristol-Myers
Moditen®
FLUPHÉNAZINE
Neuroleptique
Bristol-Myers
Neuleptil®
PROPÉRICIAZINE
Neuroleptique
Sanofi Aventis
Noctamide®
LORMÉTAZEPAM
Hypnotique benzodiazépine Schering
Noctran®
ACÉPROMÉTAZINE
+ CLORAZÉPATE
Hypnotique
Menarini
Norset®
MIRTAZAPINE
Antidépresseur
Riom-Cerm
Nozinan®
LÉVOMÉPROMAZINE
Neuroleptique
Sanofi Aventis
Orap®
PIMOZIDE
Neuroleptique
Janssen-Cilag
Parkinane®
TRIHEXYPH ENIDYLE
Antiparkinsonien (Correcteurs) Wyeth-Lederlé
Piportil®
PIPOTIAZINE
Neuroleptique
Sanofi Aventis
Piportil L4®
PIPOTIAZINE
ACTION PROLONGÉE
Neuroleptique action prolongée
(NAP)
Sanofi Aventis
Prothiaden®
DOSULÉPINE
Antidépresseur
C. S. P.
Prozac®
FLUOXÉTINE
Antidépresseur sérotoninergique Lilly
Revia®
NALTREXONE
Etats de dépendance à l’alcool Dupont Pharma
Risperdal®
RISPÉRIDONE
Antipsychotique
Janssen-Cilag
Risperdal
Consta LP®
RISPÉRIDONE
ACTION PROLONGÉE
Antipsychotique
Janssen-Cilag
Rivotril®
CLONAZÉPAM
Antiépileptique benzodiazépine Roche
Seresta®
OXAZÉPAM
Anxiolytique benzodiazépine Wyeth-Lederlé
Seropram®
CITALOPRAM
Antidépresseur sérotoninergique Lundbeck
Solian®
AMISULPRIDE
Antipsychotique
Sanofi Aventis
Stablon®
TIANEPTINE
Antidépresseur
Servier
Stilnox®
ZOLPIDEM
Hypnotique
Sanofi Aventis
Subutex®
BUPRÉNORPHINE
Etats de dépendance aux opiacés Schering-Plough
Sultopride®
SULTOPRIDE
Neuroleptique
Panpharma
Surmontil®
TRIMIPRAMINE
Antidépresseur imipraminique Sanofi Aventis
Synedil®
SULPIRIDE
Neuroleptique
Sanofi Aventis
Tegretol®
CARBAMAZÉPINE
Normothymique, antiépileptique Novartis
Temesta®
LORAZEPAM
Anxiolytique benzodiazépine Wyeth-Lederlé
Teralithe®
CARBONATE DE
LITHIUM
Normothymique
Sanofi Aventis
Tercian®
CYAMÉMAZINE
Neuroleptique
Sanofi Aventis
Theralene®
ALIMÉMAZINE
Neuroleptique hypnotique Medeva Pharma
Tiapridal®
TIAPRIDE
Neuroleptique
Sanofi Aventis
Tofranil®
IMIPRAMINE
Antidépresseur imipraminique Novartis
Tranxene®
CLORAZÉPATE
Anxiolytique benzodiazépine Sanofi Aventis
Urbanyl®
CLOBAZAM
Anxiolytique benzodiazépine Sanofi Aventis
Valium®
DIAZÉPAM
Anxiolytique benzodiazépine Roche
Xanax®
ALPRAZOLAM
Anxiolytique benzodiazépine Sanofi Aventis
Zoloft®
SERTRALINE
Antidépresseur sérotoninergique Pfizer
Zyprexa®
OLANZAPINE
Antipsychotique
Lilly
Zyprexa
Velotab®
OLANZAPINE
ORODISPERSIBLE
Antipsychotique
Lilly
48
Les médicaments psychotropes – Psychiatrie et santé mentale
Principaux correcteurs
des médicaments à effet psychotrope
nom commercial
DCI
CLASSe ou famille
Laboratoire
Æquasyal®
Correcteur des Hyposialies* Eisaï
Akineton®
BIPÉRIDÈNE
Antiparkinsonien (Correcteurs) Knoll
Artane®
TRIHEYPHÉNIDYLE
Antiparkinsonien (Correcteurs) Sanofi Aventis
Artisial®
Correcteur des Hyposialies*
(substitut salivaire)
Dexo
Hept-A-Myl®
HEPTAMINOL
Correcteur hypotension
orthostatique
Sanofi Aventis
Lepticur®
TROPATÉPINE
Antiparkinsonien (Correcteurs) Distriphar
Parkinane®
TRIHEXYPHENIDYLE
Antiparkinsonien (Correcteurs) Wyeth-Lederlé
Praxinor®
CAFÉDRINE +
THÉODRÉNALINE
Correcteur hypotension
orthostatique
Lipha Santé
Sulfarlem®
ANÉTHOLTRITHIONE
Correcteur des Hyposialies* Solvay Pharma
DCI
nom commercial CLASSe ou famille
Laboratoire
ANÉTHOLTRITHIONE
Sulfarlem® Correcteur des Hyposialies* Solvay Pharma
BIPÉRIDÈNE
Akineton® Antiparkinsonien (Correcteurs) Knoll
CAFÉDRINE +
THÉODRÉNALINE
Praxinor® Correcteur hypotension
orthostatique
Lipha Santé
HEPTAMINOL
Hept-A-Myl® Correcteur hypotension
orthostatique
Sanofi Aventis
TROPATÉPINE
Lepticur® Antiparkinsonien (Correcteurs) Distriphar
TRIHEXYPHENIDYLE
Artane® Antiparkinsonien (Correcteurs) Sanofi Aventis
TRIHEXYPHENIDYLE
Parkinane® Antiparkinsonien (Correcteurs) Wyeth-Lederlé
Æquasyal® Correcteur des Hyposialies* Eisaï
Artisial® Correcteur des Hyposialies* Solvay Pharma